PCD | Parti Chrétien-Démocrate

Christine Boutin : « Il faut se poser la question du sens de la peine »

PCD 22 février 2013

Lacroix.com le 21/02/2013. Les préconisations de la conférence de consensus sur la récidive remettant en cause l’efficacité de la prison ont provoqué, jeudi 21 février, un tollé à droite et chez les policiers. La présidente du Parti chrétien-démocrate et ancienne ministre réagit à ces propositions.

La Croix : Partagez-vous la philosophie de la fin du « tout carcéral » ?

Christine Boutin : Non, la vraie question, c’est plutôt celle du sens de la peine. C’est cela la seule question. La prison est une chose nécessaire. Cependant, il faut se demander : pourquoi l’enfermement est-il la seule réponse au délit ? Nous avons cette culture de l’enfermement depuis la lettre de cachet… Il y a un équilibre à trouver.

Pensez-vous que les propositions du jury de consensus sont trop permissives ?

La ministre Christiane Taubira a pour objectif de désengorger les prisons. Si cela veut dire dépénaliser les délits routiers, il faut expliquer lesquels. Toutes les associations d’usagers ne vont pas apprécier cette dépénalisation. Si cela veut dire automatiser la liberté conditionnelle, je dis pourquoi pas, mais cela nécessite un accompagnement à l’extérieur de la prison. Et donc des moyens.

Il faut des personnels recrutés et formés pour accompagner les personnes condamnées, qui sont en réalité en situation de fragilité économique, psychologique ou culturelle. En France, 80 000 personnes sortent de prison chaque année, il faut être capable de les aider à se réinsérer et à retrouver leurs repères.

Faut-il revoir les conditions de détention ?

Pour lutter contre la surpopulation carcérale, je plaide depuis des années pour l’application d’un numerus clausus. C’est-à-dire un taux d’incarcération maximal qu’une société estime juste et s’impose pour trouver d’autres solutions que l’enfermement.

Recueilli par CORINNE LAURENT

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A propos de l'auteur

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