PCD | Parti Chrétien-Démocrate

Christine Boutin : «Il faut une nouvelle République»

PCD 18 mai 2013

Après la promulgation de la loi sur le « mariage pour tous », la présidente du parti Chrétien-démocrate dit être entrée en « résistance ».

Elle appelle les citoyens à soutenir les maires qui refuseront de marier des couples homosexuels.

Vous appelez à la « résistance » concernant le mariage pour tous, devenu loi de la République. Qu’entendez-vous par là ?

CHRISTINE BOUTIN : En réalité, je n’appelle pas à la résistance, je ne fais que l’accompagner car cette résistance est déjà là, elle existe de fait dans la France profonde. Comment est-il possible qu’un chef de l’État qui a 19 % d’opinions favorables, engage un changement de civilisation aussi profond que le mariage homosexuel et la négation de l’altérité sexuelle dans la filiation sans consulter le peuple ! La ‘loi morale’doit s’imposer dans ce cas, ce qui justifie des actes d’incivilités qui, vous verrez, ne tarderont pas. De même, les citoyens doivent se mobiliser pour soutenir les maires qui auront le courage de ne pas célébrer de mariage entre personnes de même sexe. Ce sera difficile et il n’y en aura pas beaucoup car les sanctions sont très lourdes, ces élus risquent la destitution, la prison et une très forte amende. Il faut donc être autour d’eux.

N’est-il pas dangereux, lorsque l’on a été parlementaire et ministre, de prôner la désobéissance civile, au risque de fragiliser la démocratie française ?

C.B. : François Hollande a pris la responsabilité de rompre le pacte républicain, dont l’un des fondements est la différence homme femme dans le mariage et la filiation. La loi en question n’est d’ailleurs qu’un élément d’un mouvement de transformation très profond vers une société toujours plus libérale et libertaire. La nouveauté, c’est la prise de conscience provoquée par ce texte emblématique. Un grand nombre de personnes n’acceptent pas d’être ainsi embarquées et cela est tout à fait légitime.

Jean-François Copé, le président de l’UMP, confie le 18 mai au Monde qu’il « faudra réécrire le texte sur le mariage gay ». Pensez-vous que l’on peut abroger ce texte ?

C.B : Non, je n’y crois pas parce qu’il faudrait une immense volonté politique, que je ne sens pas. On voit bien, qu’au-delà de la question de l’abrogation en cas d’alternance, un problème institutionnel se pose et, à l’aune de ce qui s’est passé, je suis convaincue qu’il faut une nouvelle République. Notre régime est centralisé et pyramidal, l’ordre et l’autorité viennent uniquement d’en haut et cela, les citoyens n’en veulent plus.

RECUEILLI PAR MARINE LAMOUREUX

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A propos de l'auteur

Créé en 2001, le PCD est présent dans plus de 75 délégations à travers toute la France pour remettre l'homme au cœur des décisions politiques.