PCD | Parti Chrétien-Démocrate

Christine Boutin : « La politique c’est avant tout le souci de l’autre »

PCD 21 novembre 2011

Interviewée par le journal La Croix,  la présidente du Parti Chrétien Démocrate se confie sur son quotidien.

Je préserve immuablement mes dimanches matins à ma sphère personnelle et intimiste. C’est le jour où je me lève plus tard que d’habitude, vers 8 heures, où je prends parfois le petit déjeuner au lit avec mon mari. C’est également pour moi le jour du Seigneur, puisque je vais à la messe du dimanche à 11 heures. Mais à partir de 13 heures il y a plusieurs configurations de dimanches.

Il y a tout d’abord ceux que je passe au calme dans ma maison d’Auffargis, assez isolée en forêt de Rambouillet. Nous avons acheté cette propriété en 1973 : les problèmes de logement existaient déjà et les jeunes mariés que nous étions, avec deux enfants et alors que j’étais enceinte d’un troisième, nous ne pouvions pas acheter à Paris. Les dimanches donc je partage un bon déjeuner avec mon mari : c’est un moment où nous nous retrouvons car en semaine je ne dîne pas souvent avec lui. Certains de mes trois enfants et de mes cinq petits-enfants viennent parfois, mais ce n’est pas très fréquent. Je les reçois surtout dans notre maison de vacances au Croisic, où je passe chaque été trois semaines. La presqu’île guérandaise est d’ailleurs suffisamment proche pour aller de temps en temps nous recharger un week-end de l’air vivifiant et iodé de la mer, lorsque mon mari et moi sommes tous les deux disponibles.

Mes dimanches après-midi à Auffargis sont consacrés au repos et à des activités calmes, au jardin ou à la maison. J’apprécie de pouvoir me mettre au piano, ce dont je n’avais plus le temps lorsque j’étais députée. Je ne suis pas une grande pianiste, je suis même assez besogneuse, mais j’ai la chance d’avoir un mari bon public et très indulgent ! En ce moment, je joue les Nocturnes  de Chopin et la Sarabande de Haendel.

Prendre le temps de lire

J’aime bien l’hiver, aussitôt la nuit tombée, nous allumons un feu dans la cheminée. Écouter le bois craquer, regarder les flammes danser est un de mes plaisirs simples. C’est également durant ces dimanches après-midi calmes que je regarde un bon film ou que je prends le temps de lire. À commencer par la Bible, lecture inépuisable : si j’en avais le temps, je reprendrais certainement des études bibliques. J’apprécie également beaucoup les biographies et les ouvrages de philosophie politique, mais les livres d’actualité politique m’intéressent moins. Lire les bonnes feuilles dans les hebdomadaires suffit généralement. Je suis bien entendu aussi la presse sur mon iPad, que j’ai toujours avec moi, en semaine comme le week-end. Enfin, le dimanche soir à partir de 18 heures est entièrement consacré aux émissions politiques : ayant moins le temps en semaine, je zappe et les regarde toutes en prenant un casse-croûte.

Voilà pour mes dimanches après-midi à la maison, les plus rares. Car il y a aussi ceux que je passe à l’extérieur et qui commencent parfois par un banquet à l’occasion d’une cérémonie avant de se poursuivre par ma participation à toutes sortes d’activités liées à mon mandat de conseillère générale des Yvelines. Je demeure très sollicitée sur l’ensemble de mon ancienne circonscription législative, mais je veux que les choses soient claires et je me concentre donc sur mon canton de Rambouillet. Ce dernier comprend dix-huit communes et les invitations ne manquent pas !

Elu, vous allez naturellement vers l’autre

La politique c’est ma vie, et ce sont ces moments de rencontres, magnifiques et même magiques, qui m’animent. La proximité et l’écoute donnent en effet à cet engagement sa dimension d’humanité. La chance d’un élu, c’est d’ailleurs qu’il rencontre tout le monde, toutes les catégories sociales, il ne peut pas rester enfermé dans la sienne, il doit la dépasser et il la dépasse forcément. C’est un lieu d’observation de la personne humaine, dans sa grandeur comme dans sa laideur. Si je n’avais pas été une élue, j’aurais eu peur de déranger, d’être indiscrète ; quand vous êtes un élu, cette barrière tombe et vous allez naturellement vers l’autre.

J’ai déclaré ma candidature à l’élection présidentielle en juin dernier, mais pour l’instant cela ne change rien à mes dimanches. Même si ma campagne est en permanence dans ma tête : je n’en déconnecte jamais totalement. Les dimanches les plus tourmentés furent ceux où je m’interrogeais sur ma décision, il y a plus d’un an. Mais aujourd’hui ma décision est ferme et ma stratégie sûre. Quoi qu’il en soit, lorsque vous êtes physiquement épuisé il faut savoir s’arrêter et récupérer. Pour ce repos, je privilégie logiquement le septième jour. »

Propos recueillis par Laurent de Boissieu du journal La Croix.

Vous aimez cet article ? Partagez-le !

A propos de l'auteur

Créé en 2001, le PCD est présent dans plus de 75 délégations à travers toute la France pour remettre l'homme au cœur des décisions politiques.