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Christine Boutin : « L’école, c’est la Berezina de Sarkozy  »

PCD 20 décembre 2011

Interviewée par Le Parisien, Christine Boutin critique la politique familiale de Nicolas Sarkozy et regrette l’inconstance de François Bayrou.

En 2007, vous souteniez le candidat Sarkozy à l’élection présidentielle. Aujourd’hui, vous critiquez durement sa politique de la famille. Que lui reprochez-vous ?

La famille, cela concerne ma compétence philosophique et politique. Or, aucun des objectifs n’a été atteint. C’est le vide absolu : aucune politique familiale d’ampleur. Sarkozy nous disait en 2007 : « J’aiderai les familles qui ont des difficultés à assumer leur mission éducative. » Depuis, rien n’a été fait en direction des mères seules, qui sont les plus en difficulté. Il avait dit aussi : « Je responsabiliserai les familles qui renoncent par la mise sous tutelle des allocations familiales. » Or, ce n’est pas la mise sous tutelle qu’on a faite, mais la suppression des allocations familiales, par pure démagogie, ce qui n’a fait que fragiliser les familles en difficulté ! Enfin, on va à grandes enjambées vers le mariage homosexuel.

Qu’est-ce qui vous fait dire cela ?

M. Juppé, Mme Jouanno, M. Le Maire… tous les leaders de l’UMP y sont favorables. Je crains que l’UMP ne résiste pas aux lobbies. Le candidat Sarkozy nous avait aussi dit : « Je veux que l’école soit un lieu de travail, d’autorité et de respect. » Or, l’école, c’est la bérézina de Sarkozy. L’institution va à sa perte. Je constate un grand écart entre les paroles et les actes. Les orientations qui ont été prises sont à l’inverse de la consolidation de la famille.

Est-ce la difficulté à avoir vos 500 signatures qui vous met en colère ?

L’UMP et le PS bloquent les parrainages. Alors que le premier tour de la présidentielle est fait pour que s’exprime la diversité des idées, ils nous poussent au bipartisme. La fragilité de notre lien social est un autre échec du président : il a divisé la France en parts de marché électoral. Et nous nous retrouvons les uns à côté des autres sans avoir envie de vivre ensemble. Il faut retrouver ce goût de vivre ensemble. Le premier tour le permettra, par la confrontation des différents projets. C’est souvent par les minoritaires que les idées nouvelles arrivent.

Pourriez-vous rejoindre Bayrou ?

Non, car il est pour l’adoption par les couples homosexuels, ce qui est incohérent avec son projet humaniste. Je connais François depuis longtemps et j’ai tellement cru dans ce garçon. Mais il a perdu les pédales. Il est d’un laïcisme forcené. Il est brillant, il peut séduire, mais ce n’est pas possible.

Combien de signatures avez-vous ?

Environ 160. Si je ne les obtiens pas, je parlerai très fortement. Ce n’est pas une menace, mais je ne veux pas que les puissants écrasent les pauvres. Ce n’est pas cela, la France.

N’y êtes-vous pas allée un peu fort en parlant de bombe atomique si vous êtes écartée pour 2012  ?

Non. Je pense que je n’aurai pas à m’en servir, comme souvent avec les armes de dissuasion. Mais quand je vois le nombre de gens qui m’appellent en se demandant de quoi il pourrait s’agir, c’est qu’il y en a qui ne doivent pas être à l’aise ! On est dans un milieu tellement pourri qu’on ne peut imaginer comme bombe qu’une pourriture. La société se délite, alors faisons attention. La démocratie est un joyau très fragile.

 

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A propos de l'auteur

Créé en 2001, le PCD est présent dans plus de 75 délégations à travers toute la France pour remettre l'homme au cœur des décisions politiques.