PCD | Parti Chrétien-Démocrate

Christine Boutin : « Que les ultra-marins se sentent partie prenante de l’aventure France »

PCD 11 février 2012

20Minutes.fr consacre une interview au voyage de Christine Boutin à la rencontre des martiniquais. Une occasion pour la candidate de rappeler aux français continentaux la richesse que représente les DOM TOM.

Pourquoi ce déplacement en Martinique ?

Je me présente pour la France, et ce serait une faute de ne pas faire un détour par l’un des départements d’outre-mer. Je regrette de ne pas pouvoir aller voir tous les Dom-Tom, mais je n’ai pas le budget.

Cernez-vous les problématiques martiniquaises ?

Je crois que la problématique des Dom-Tom est comparable à celle de la France continentale. Quand j’entends les Martiniquais, ils me disent: «On est entré dans la crise». Quand je suis allée chez une coiffeuse à Fort-de-France, elle m’a dit: «On a des difficultés pour avoir de la clientèle en ce moment». Mais quand je vais chez mon coiffeur à Rambouillet, il me dit exactement la même chose. Je pense que la crise, on la sent ici tout comme en métropole, notamment sur le chômage des jeunes ou l’agriculture. D’ailleurs, je ne pas sûre qu’il faille faire une différence entre les ultra-marins et les métropolitains. Ma volonté est de faire que les ultra-marins se sentent partie prenante de l’aventure France et que les Français de métropole considèrent que les ultra-marins font vraiment partie de l’aventure France. C’est un département comme un autre, et sa spécificité, c’est qu’il ouvre la France au monde entier.

Vous ne rencontrez pas beaucoup d’élus en Martinique. Vous a-t-on fermé la porte ?

Non. Ma volonté était de rencontrer les vrais Martiniquais. Si c’est pour entendre les discours habituels, ce n’était pas la peine de venir.

Vous avez réalisé 1,19% des votes exprimés lors de la présidentielle de 2002, et aujourd’hui, les sondages vous attribuent entre 0% et 1% d’intentions de vote. Êtes-vous optimiste?

J’assume totalement le fait d’être une candidate de premier tour, et de faire un score de 3% pour la prochaine élection. Avec 3%, tout le monde se dit: «qu’est-ce que cela signifie?», mais en réalité, c’est ce qui fait l’élection, car au second tour, il faut 2% ou 3% pour pouvoir gagner. Donc ces 3% sont majeurs.

Et sur les sondages ?

Un sondage réalisé sur le vote des catholiques m’a donné royalement 0%. Je veux bien croire tout ce que l’on veut, mais je sais pourtant qu’il y a des catholiques qui votent pour moi. La signification du 0% est donc totalement altérée dans cette affaire.

Vous avez obtenu environ 250 parrainages, sur les 500 nécessaires pour pouvoir se présenter. Ne vous faites-vous plus d’illusions ?

Je ne sais pas si je n’aurai pas les parrainages! De plus, que va faire le Conseil constitutionnel? Je ne pense pas qu’il puisse rester sans rien dire et sans rien faire. Ma candidature reste donc tout à fait possible.

Dans l’idée d’une alliance pour le deuxième tour de la présidentielle, quels sujets vous tiennent à cœur?

Je veux que le partage de la richesse soit vraiment pris en compte parce que l’on ne peut pas continuer comme cela, et j’ai aussi des exigences: pas de mariage homosexuel, pas d’adoption par des homosexuels, pas d’union homosexuelle. Je suis la seule candidate qui ait ces exigences.

De quels candidats pourriez-vous vous rapprocher ?

Tous les candidats, en quête de quelques pourcentages, vont peut-être ouvrir leurs oreilles. François Bayrou s’est positionné pour l’union civile des homosexuels et l’adoption, donc il n’y pas plus de possibilité de dialogue. Nicolas Sarkozy n’a pas encore pris position, je ne vais donc pas lui faire un procès d’intention. Le PS a dit que ce serait sa première loi, donc ce n’est pas bien compliqué.

Comment jugez-vous la campagne présidentielle ?

Je pense que l’on n’est pas entré dans la campagne. La recherche des parrainages emporte tout. Mais c’est un peu normal car réellement la démocratie est fragilisée dans notre pays. Sur les projets, il y a des tentatives de présentation du côté du PS, du côté de François Bayrou, du côté des extrêmes, mais je n’ai pas l’impression, dans la mesure où il manque le candidat de la droite majoritaire présidentielle, que l’on soit entré dans la campagne.

Propos recueillis par Anne-Laetitia Barraud, envoyé spéciale pour 20minutes à Fort-de-France.

Retrouvez ici l’interview de 20minutes.fr

Vous aimez cet article ? Partagez-le !

A propos de l'auteur

Créé en 2001, le PCD est présent dans plus de 75 délégations à travers toute la France pour remettre l'homme au cœur des décisions politiques.