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Discours de Christine Boutin prononcé lors de la Convention Nationale

PCD 19 novembre 2013

DISCOURS DE CHRISTINE BOUTIN
CONVENTION NATIONALE DU PARTI CHRETIEN-DEMOCRATE

16 novembre 2013

 

Mes chers amis,

Quelle  journée historique, que celle du 16 novembre 2013 !

Non, le Président Hollande n’a pas encore démissionné ! Non, tous les Français n’ont pas encore mis leur bonnet rouge ! Non, la courbe du chômage ne s’est pas inversée !
D’accord, mais aujourd’hui, s’ouvre la nouvelle ère du PCD, parti politique français indépendant, fondé sur des convictions fortes.
Alors que tout porte aux larmes dans notre pays et dans le monde, vous, adhérents, amis du PCD, vous incarnez l’espérance pour demain. Je vous le dis  mes chers amis, comme souvent les grandes choses qui naissent dans la discrétion, notre changement de Président est porteur d’une  espérance politique que le monde médiatique néglige au profit d’autres manifestations jugées plus importantes. Quelle erreur !

J’ai donc décidé en juillet dernier de mettre en application mon désir profond de transmission, en laissant ma responsabilité de présidente du Parti Chrétien-Démocrate. Je l’ai fait en toute liberté, sans aucune pression
et je remercie le bureau politique de l’avoir acceptée, comprenant la nécessité qu’il y avait pour moi d’être totalement libre, dans la perspective des élections européennes que j’allais entreprendre.
Une page se tourne pour notre parti. Cette page est belle, sereine et joyeuse pour moi. Je ne vais pas vous relire les pages qui relatent l’histoire de notre parti, mais quand je vois les quatre que nous étions autour d’une table à Rambouillet pour sa création, les quatre qui sont d’ailleurs ici aujourd’hui, et ce que nous sommes devenus, je ne rougis pas de mon intuition.
La nouvelle dénomination en  « Parti Chrétien-Démocrate » a été une étape importante. Elle fût décidée à 80% par les adhérents de l’époque. C’était un samedi, et, le mardi, j’étais renvoyée du Gouvernement Fillon.
Etait-ce parce que nous avions explicité notre identité de chrétien ? Je laisse à chacun le soin de répondre dans sa conscience.
Moi, j’y ai vu très clairement, non pas une attaque politique, mais une attaque spirituelle. Aujourd’hui, nous franchissons une étape importante. Comme Présidente fondatrice du PCD, je voudrais insister sur plusieurs points :

  • Tout d’abord, je ne quitte pas la vie politique. Je franchis une marche supplémentaire, dans la responsabilité et la liberté de l’action.
  • Je n’attends rien, je n’ai besoin de rien, j’ai eu tous les hochets de la république, mais l’obligation morale s’impose à moi, par mon expérience et mon cursus politique, d’être une parole libre pour exprimer les véritables enjeux de demain, dans un monde qui s’écroule.

Je veux ensuite, à vous, mes plus proches, vous léguer trois mots.
Je vous encourage à les porter, à les méditer, à leur être fidèles.
Il s’agit de la joie, du respect de la promesse et de la confiance.

La joie.
Vous la connaîtrez à l’unique condition, que votre engagement  soit fondé,  non pas sur votre promotion personnelle, mais sur des valeurs fondées sur le réel et votre réussite personnelle arrivera par surcroît.
Je ne reprendrai pas ici la liste des innombrables détails de la vie politique de notre pays qui sont pour nous cause de souffrance et de larmes. Je voudrais vous faire remarquer, que les plus belles réussites et les véritables redressements ont toujours eu à leur tête des artisans qui irradiaient la joie. La joie que je vous propose c’est cette force intérieure qui est faite de paix, de sérénité, d’abandon et qui sait voir dans les circonstances et les événements de la vie les clins d’oeil de la providence, que certains appellent les merveilleux sourires de Dieu.

L’engagement.
Il demande beaucoup de don de soi. Il est un chemin escarpé, difficile, qui  met souvent à l’épreuve de nombreuses vertus. Mais il est aussi, chemin d’apprentissage vers le service, l’humilité, la fidélité.
Nous, nous avons la chance d’être les défenseurs et les promoteurs de valeurs universelles qui sont partagées par tous les hommes de bonne volonté, qu’ils croient en Dieu ou qu’ils n’y croient pas, qu’ils soient chrétiens ou qu’ils ne le soient pas. Les valeurs du PCD, sont ouvertes à tous ceux qui mettent la personne humaine au cœur de toute action, avec la préoccupation du plus fragile. Et pourquoi, pouvons nous être compris par tous, en nous appuyant sur la fragilité ? Tout simplement parce que l’accident peut à tout moment faire basculer notre vie et nous transformer en exclu de notre société.
Ce que nous défendons, c’est la valeur infinie et intouchable de la vie humaine dans tous ses états. Et comment, dans ces moments perturbés, ne pas sentir combien  nos concitoyens sont concernés par cette réalité ? Nous avons donc la joie de porter la dignité de l’homme, de pouvoir être entendus par tous. Par notre engagement politique au PCD, nous aurons de surcroît, la joie du service et du don.
Vous connaissez donc tous l’idéal qui nous anime. Vous savez à quel niveau d’exigence nous sommes tenus pour ne pas trahir cet idéal,  que certains appelleraient la transcendance.

En ce qui concerne le respect de la promesse.
Cela signifie la nécessité pour chacun d’entre vous, qui vous êtes engagé librement, certains diraient courageusement au PCD, de vous respecter les uns les autres, sympathisants, militants, élus, élus locaux, élus nationaux. Chacun doit pouvoir s’exprimer, s’écouter, avancer ensemble. Ne l’oublions pas et traduisons dans les faits, que nous sommes tous en égale dignité, même si les niveaux de responsabilités diffèrent.

Notre promesse se fonde sur cette certitude, que l’Homme est l’alpha et l’omega de notre engagement. L’Homme que l’on veut manipuler, que l’on veut objetiser, que l’on veut euthanasier, que l’on veut augmenter, cet Homme-là, nous n’en voulons pas.
Notre promesse réside dans l’acceptation de rejeter la tentation des temps modernes de la toute puissance et de la négation de toute transcendance. Notre promesse, c’est celle d’Antigone : il existe au-dessus des lois des Hommes, d’autres lois supérieures et qui s’imposent à elle. Notre promesse, s’apparente aussi à la « commune decency » de Georges Orwell.

Enfin, la confiance.
Elle est la conséquence logique de la précédente. Pour livrer tous les combats qui se présentent à nous et pour donner des réponses que cherchent nos contemporains égarés, il faut des chefs, il faut des leaders. Nous n’avons ni gourou ni maître à penser, nous avons des chefs qui sont les premiers serviteurs de cette Vérité que je viens d’énoncer. Je voudrais vous redire combien il est nécessaire de comprendre que la finalité de toute vie, n’est pas la performance, ni les hochets de la réussite, mais bien plus, de proposer, d’organiser, de laisser l’espace qui permet à chacun de pouvoir trouver sa juste place. C’est comme cela que vous trouverez l’épanouissement de votre engagement. Donc, exercez la confiance entre vous et faites confiance à votre Président, à vos délégués départementaux, à chacun d’entre vous. Si vous êtes tous fidèles à la promesse, vous n’aurez aucune difficulté.

Voilà mes chers amis, ce que je voulais vous dire ce soir.
J’aurais pu faire un discours plus politique. Cela m’a semblé non adapté, mais j’aurai l’occasion pour les européennes de m’exprimer longuement.
Nous sommes aujourd’hui à la veille de bouleversements sociétaux incroyables.
Je pense  que nous sommes à la veille d’un écroulement,, d’un effondrement de tout notre système. Cela va nous surprendre, comme lorsque le mur de Berlin est tombé. Et cela va arriver. Les codes d’hier ne seront pas ceux de demain. Il faut donc que nous anticipions, que nous résistions, que nous nous levions, pour qu’enfin nous stoppions cette folie de la virtualité. L’Homme n’est pas un individu, c’est une personne. L’Homme n’est pas un concept virtuel, c’est un être incarné.

La question qui va nous être posée est de savoir quel est l’Homme que nous choisissons.
Les structures classiques politiciennes ne peuvent plus rien nous dire, parce qu’elles ont tout abandonné depuis longtemps.
Notre mouvement s’inscrit dans la lignée de ce grand courant des idées politiques françaises, qu’est la démocratie chrétienne. Nous sommes les héritiers de Frédéric Ozanam, d’Albert de Mun, de Léon Harmel, de Robert Schuman, les pères de l’Europe.
Nous, nous choisissons le Réel, la fragilité, la transcendance pour construire la société de demain. Tout est entre vos mains.
Je vous engage à être des acteurs dynamiques lors des prochaines échéances électorales, municipales et européennes. Certains vous considèrent comme un petit bataillon en France et pourtant c’est vous qui demain porterez le monde.

Vous êtes l’espérance politique de notre pays. J’ai confiance en vous. Je vous remercie.

Signature de Christine Boutin

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Seul le prononcé fait foi

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A propos de l'auteur

Créé en 2001, le PCD est présent dans plus de 75 délégations à travers toute la France pour remettre l'homme au cœur des décisions politiques.