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Electeur 2012 : « Boutin pense aux enfants, aux vieux, et même aux embryons »

PCD 12 février 2012

La journaliste Coralie Delaume de Marianne 2 publie un micro-trottoir de Jacques, journaliste et électeur conquis par Christine Boutin.

Coralie Delaume : Vous donnez votre préférence à la candidate Christine Boutin. Pourquoi faites-vous ce choix ?

Jacques : D’abord parce que je suis comme elle, j’aime les petits, les faibles, les abandonnés. Je pratique l’option préférentielle pour les pauvres. Or non seulement, c’est le but de sa politique, mais elle-même en fait partie, du point de vue politique. Mes idées n’ont jamais été majoritaires, et le jour où elles le deviendront, ce sera que je les aurai trahies, ou que le monde aura été bien bouleversé. Peu me chaut donc qu’elle soit donnée à 1 % : c’est un critère qui n’influe pas le moins du monde sur mon choix rationnel. Ensuite, je me retrouve presque entièrement dans sa vision démocrate-chrétienne, où s’unissent une vraie politique de civilisation et une attention perpétuelle aux plus petits.

C.D. : Le fait que Christine Boutin ait été ministre de Nicolas Sarkozy, souvent surnommé le « Président des riches », la rend-elle malgré tout crédible en tant que candidate des « petits » ?

J. : Je ne considère pas que deux ans à la tête d’un ministère décrédibilisent entièrement le discours d’un personnage politique. Elle a essayé d’y tenir son rang, et je voudrais qu’on me montre où et comment elle aurait accompagné, au ministère du Logement l’esprit du quinquennat des riches. Elle y a plutôt joué un rôle de modératrice dans le désastre. Pour ma part, je ne l’aurais pas accepté, mais cela ne nuit en rien à sa sincérité.

C.D. : Pourquoi votre souci des faibles et des pauvres ne vous pousse-t-il pas vers un candidat de gauche, éventuellement un « petit » candidat, puisque le score donné par les sondages vous indiffère ?

J. : Parce que la gauche a trahi, dans son ensemble, et depuis au moins un siècle, une vaste partie des valeurs qui devaient la fonder. Elle ne considère le faible et pauvre que sous son volet économique – et aujourd’hui ethnique – quand Boutin, non seulement assume ceci, mais assume la pauvreté et la faiblesse dans l’intégralité de la vie humaine. Boutin pense aussi aux enfants, aux vieux, et même aux embryons.

C.D. : Vous dites que votre candidate est porteuse d’une vraie « politique de civilisation ». De quoi s’agit-il ? De culture ? De religion ? De tout cela à la fois ?

J. : Ma vision de la France, de l’Europe et des relations mondiales s’appuie en effet sur une culture universaliste, qui respecte les particularités. Cette culture qui est celle de l’Europe dans ce qu’elle a et a eu de meilleur est issue de la raison grecque et de la religion chrétienne. Jusqu’à preuve du contraire, c’est celle-ci qui a permis l’émancipation de l’homme et qui présente en même temps les garanties d’une morale générale qui permet d’éviter le morcellement de la société en communautés ou en monades égotistes, revendicatrices, mimétiques, rivales et in fine vindicatives.

C.D. : Au delà des principes, qui semblent vous tenir très à coeur, quelles sont les quelques mesures proposées par Christine Boutin et qui sont pour vous primordiales ?

J. : En toute matière, il est bon de commencer par les principes (sourire). Concrètement, le revenu de base (400 euros mensuels sans condition de ressource pour tout citoyen majeur, et 200 de 0 à 18 ans) qui est financé sans surcoût par une remise à plat de toutes les allocations, me semble l’une des meilleures idées de l’époque. La taxation des activités financières, et particulièrement des spéculatives, me paraît indispensable. Enfin, le rôle pivot conféré à la famille stable, et la politique de subsidiarité sont d’excellentes bases politiques.

C.D. : Pourriez-vous expliquer davantage le fonctionnement de ce revenu de base ? N’existe-t-il pas déjà un revenu minimum ? Pourquoi garantir un revenu de base à des mineurs ? Enfin, s’il est attribué aux seuls citoyens, quid des étrangers vivant en France ?

J. : Ce revenu de base n’a rien à voir avec le RSA actuel. Il a une double portée : symbolique et effective. Symbolique, parce qu’étant attribué à tous sans exception et sans considération de niveau de vie, de la naissance à la mort, il témoigne de la solidarité nationale et du fait que chaque être humain a le droit à une vie décente. Effectif, parce qu’il permet que personne ne tombe jamais dans la précarité extrême. Pour les mineurs, cela leur permet de partir dans la vie active avec un pécule de base. Enfin, pour les étrangers, il me semble que cela dépendra de leur statut : sont-il fermement installés en France et ont-ils vocation à y rester ? De toute façon, il faut leur assurer à eux aussi les bases élémentaires de la vie. Il faut noter que ce système a de tout façon vocation à inspirer le reste du monde.

C.D : Votre candidate a fait savoir à plusieurs reprises qu’elle avait des difficultés à obtenir les 500 parrainages d’élus. Si elle devait se retirer de la course, seriez-vous prêt à voter pour celui derrière lequel elle se rangerait?

J. : Non, pas du tout. Parce que je sais qu’elle se rangerait derrière le plus fort, pour avoir des députés qui permettraient le financement de son parti. Ainsi va la triste démocratie contemporaine.

Retrouvez l’article sur le site de Marianne 2.

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A propos de l'auteur

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