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« Je veux remettre à plat le système fiscal. »

PCD 1 septembre 2011

Dans un entretien au Parisien, Christine Boutin répond aux questions de Nathalie Segaunes au sujet des nouvelles mesures fiscales annoncées par François Fillon.

Pour lutter contre les déficits, le gouvernement a décidé de taxer les hauts revenus. Est-ce une façon suffisante de mettre

les plus riches à contribution ?

Non. Les mesures prises par le gouvernement étaient nécessaires, mais elles ne sont absolument pas à la hauteur des enjeux. Franchement, taxer exceptionnellement de 3% les revenus de plus de 500000 €, ce n’est pas acceptable. Il faut une mesure structurelle, qui s’inscrive dans la durée. S’il n’y a pas d’initiative en ce sens, le peuple n’acceptera pas les efforts qu’on lui demande de faire. Les mesures annoncées pèsent bien davantage sur les classes moyennes et les familles que sur les riches. Je suis notamment outrée par la CSG sur les congés parentaux : le congé parental n’est déjà que de 560 € par mois et on le taxe? Ce sont des mesures techniques sans la moindre vision d’ensemble.

Si vous étiez parlementaire, voteriez-vous la règle d’or?

Depuis trente ans, les responsables politiques ont manqué de responsabilité en votant des déficits de façon successive. La règle d’or propose de ramener les déficits à 3%, mais elle est encore fondée sur le déficit! Croyez-vous vraiment qu’il soit raisonnable de construire un budget, qu’il soit familial, national ou européen, sur un déficit? L’objectif doit être d’établir des budgets sans déficit. La règle d’or est une sorte de cache-misère devant le manque de volonté politique.

Si vous étiez à l’Elysée, où iriez-vous chercher les 10 Mds€ qui manquent dans les caisses de l’Etat ?

Je propose dans mon projet un vrai big-bang, fondé sur les valeurs chrétiennes. Pour résorber ce déficit, je veux remettre complètement à plat le système fiscal français, que plus personne ne comprend. Tout le monde paiera l’impôt et participera donc à la richesse nationale, et retrouvera ainsi le sens de l’appartenance à la nation. Il y aura parallèlement un volet social fort, qui s’appuiera sur la solidarité et le dynamisme, avec la création d’un revenu de base pour tous. Le but est de donner à chacun un atout dans sa vie personnelle et dans sa vie sociale.

Bayrou, Borloo et Aubry proposent de baisser les salaires des ministres. Qu’en pensez-vous?

Que des responsables politiques de premier plan puissent proposer une telle mesure devant une crise structurelle majeure, c’est de la démagogie pure et simple. C’est se moquer du peuple!

Mais les responsables politiques ne doivent-ils pas donner l’exemple?

Moi, je propose de diminuer le nombre de députés, que l’on passe de 577 à 500 : 400 élus au suffrage universel et 100 à la proportionnelle. Là, on montre l’exemple et on fait des économies.

Vous-même avez dû renoncer à votre salaire pour votre mission sur la mondialisation. Vous savez que les responsables politiques sont soupçonnés d’être des nantis…

Si j’ai refusé mon salaire pour cette mission, c’est parce que j’ai vu en effet que cela choquait les Français. Je n’ai donc pas touché un centime. Mais la démocratie a un coût. Il faut aussi que les politiques aient le courage de l’expliquer au peuple. Si on diminue les moyens des politiques, il y aura des moyens détournés. Cette voie-là est sans issue.

Le bunker de Kadhafi est tombé aux mains des rebelles.Est-ce un succès de Sarkozy ?

Sincèrement, la France a fait preuve de courage dans cette affaire. Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a très bien su piloter tout ça. Notre pays a joué un rôle majeur et positif.

Dominique Strauss-Kahna obtenu un non-lieu à New York. Peut-il revenir en politique ?

Les Français, qui avaient une certaine sympathie pour M. Strauss-Kahn, vont avoir du mal à comprendre comment on peut louer une maison 50000 $ par mois, manger des pâtes aux truffes et en même temps comprendre leurs problèmes. Cela me semble donc un peu compliqué qu’il puisse revenir. Mais en politique, tout est possible.

Que signifie le succès des Journées mondiales de la jeunesse ?

Ce succès, c’est une réponse à l’Occident fatigué, une provocation à l’Occident dépressif. Il y avait plus de 1,5 million de jeunes. Ils sont en train de se détourner de la consommation, du fric, ils veulent donner du sens à leur vie. Ils espèrent dans la justice, pas dans le rapport de forces. Ils espèrent dans la fraternité, pas dans le chacun pour soi. Cette jeunesse-là est formidable, pleine d’audace. Ils remettent l’homme au cœur de leur vie. Que vaut-il mieux que défendre le plus faible? C’est une claque à cette société de consommation désabusée.

Si l’élection avait lieuce dimanche, vous obtiendriez 0,5% des voix, selon un sondage CSA pour BFM-TV…

Les sondeurs vous disent toujours que, en dessous de 3%, ils sont incapables de distinguer quoi que ce soit. Donc 0,5%, ça n’a aucun sens. Par ailleurs, je n’ai pas encore commencé ma campagne, je la lancerai à Lyon du 9 au 11 septembre. Ma détermination est absolue, car je pense avoir des choses importantes à dire, et c’est encore plus vrai depuis la crise.

Aurez-vous les 500 signatures de maires ?

Je les ai eues en 2002, je ne vois pas pourquoi je ne les aurais pas en 2012. Je suis beaucoup plus structurée, j’ai un parti, des délégations, des élus.

Qui voyez-vous gagner la primaire du PS ?

Je ne sais pas. Mais le spectacle de ces chamailleries permanentes entre les uns et les autres est loin d’être positif. Aucun fond, aucune proposition. L’image qui est donnée de la politique est désastreuse.

Pour qui appelleriez-vous à voter au second tour : Nicolas Sarkozy ou Jean-Louis Borloo ?

La question ne se pose pas : Jean-Louis Borloo ne sera pas candidat.

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A propos de l'auteur

Créé en 2001, le PCD est présent dans plus de 75 délégations à travers toute la France pour remettre l'homme au cœur des décisions politiques.