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La résistance à l’oppression : un droit naturel d’actualité

PCD 9 avril 2013

Selon Tocqueville, la tyrannie des assemblées politiques, cela existe. Un exemple actuel ? Il est inquiétant : les événements du 24 mars et l’attitude du pouvoir face à l’opposition populaire.

Le 28 mars, dans son allocution, le Président de la République a très brièvement abordé la question de l’opposition au « changement de civilisation » inauguré par le projet de « mariage pour tous ». Face à un mouvement de protestation populaire massif, il a employé ces termes : »Je comprends qu’il y a cette opposition et qu’elle correspond à des motivations (ou positions) spirituelles». L’ennemi du projet Taubira apparaît donc bien désigné : pour nos dirigeants c’est un peuple animé de convictions religieuses, ce sont surtout les citoyens attachés à la conception chrétienne de l’homme et de la société.

La veille Monsieur VALLS a protesté du « sang froid et du professionnalisme » des forces de l’ordre à cette occasion. Il entendait répondre aux abondants témoignages et commentaires qui accompagnent de nombreuses photographies et vidéos quelque peu terrifiantes. A ce jour, nulle autorité n’a pu expliquer de manière circonstanciée, ni démentir la teneur de ces messages dont les supports sont factuels.

On a assisté à de véritables violences policières : sauf erreur, il n’y pas eu pas d’ordre de dispersion, ni de sommations, des policiers ont usé de leurs armes sans que des voies de fait aient été commises contre eux, ils n’étaient pas tenus d’user de leurs armes pour défendre le terrain qu’ils occupaient. Parmi les victimes : des personnes âgées, des enfants, mères de famille, des journalistes. Il fallait réprimer à tout prix les opposants du régime, cette foule immense aux motivations spirituelles surannées. Conclusion effrayante : les instructions auraient été appliquées avec « professionnalisme et sang froid ». Les tribunaux seront à coup sûr saisis de plaintes : garants des libertés individuelles, espérons qu’ils pourront faire la lumière sur ces actes et puniront leurs responsables.

Quant à Madame TAUBIRA, sa défense est : « l’expression démocratique est dans nos institutions ». Parlons- en.

Le CESE : démocratique ? La manière dont le bureau de cette autorité, réputée indépendante, n’a pas pris le soin de commenter publiquement sa décision, adoptée incontinent alors que 700 000 citoyens l’avaient saisie, lui confère une image d’arrogance insupportable.

Le vote parlementaire : la volonté de la Nation ? Nos députés sont les représentants de la Nation. Est-ce par esprit démocratique, respect de la liberté de conscience des députés que les chefs du Parti au pouvoir ont imposé une « discipline » de vote à « leurs élus » ?

Madame LACLAIS, Députée PS, Maire de Chambéry a eu le courage d’enfreindre la consigne partisane revendiquant sa liberté de conscience. Plus à gauche, les membres du groupe GDR avaient « le choix de leur vote ». Résultat : sur 15 députés, 6 représentants de la Nation ont voté contre le projet. Ainsi, les députés socialistes ne peuvent user de leur « liberté de conscience » droit inaliénable. Or beaucoup d’élus socialistes non parlementaires se déclarent opposés au « mariage pour tous ». Madame Taubira, les français vous posent la question : c’est cela « l’expression démocratique » au sein de l’Assemblée Nationale ? L’expression démocratique au sein des institutions : une imposture lorsque l’on vise un « changement de civilisation ». Nos idéologues au pouvoir veulent un changement civilisation, bannir toute référence « judéo-chrétienne». Peu importe pour eux, qu’ils détiennent leur pouvoir d’institutions inspirées de la civilisation qu’ils rejettent. En fait : ils veulent une révolution, sans l’assentiment de la Nation. Ils avancent à couvert. C’est plus sûr.

Pour y parvenir, ils usent les moyens des régimes totalitaires : conditionnement des esprits : (dénaturation du sens des mots, création de nouveaux concepts, dans l’enseignement, par les médias), stigmatisation des opposants (des  » Marie-Chantal, extrémistes, catho-bourgeois… », impunité pour celui qui incitera à la haine des opposants, répression sévère etc.

Jouant de l’efficace stratégie de la permissivité, l’idéologie au pouvoir laisse se développer des comportements sociaux contraires à l’ordre établi , généralement interdits, mais conformes à la nouvelle civilisation en marche. Il sera facile de légiférer ensuite : le « droit doit s’ajuster à la réalité sociale et humaine ». Aujourd’hui le mariage pour tous, demain l’adoption pour tous ceux qui le veulent, après demain : les enfants pour tous les couples qui le désirent (PMA et égalité oblige : GPA).

L’exemple de pays voisins ou américains n’est pas nécessairement un modèle. Madame Taubira peut bien alléguer que malgré « plus d’un million d’Espagnols dans la rue contre le mariage, l’adoption, la PMA » le gouvernement espagnol n’a pas cédé.

Par le passé, le peuple français a su prendre ses responsabilités propres. Il a sa tradition de liberté et d’humanisme véritables. Il est écrit en préambule de la Constitution que la « résistance à l’oppression » est un droit naturel et imprescriptible. Et l’on entend clamer : « Nous ne lâcherons rien » !

Yves DEFFANDROY 2 avril 2013

* (Il peut s’exercer de multiples manières et sans violences).

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A propos de l'auteur

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