PCD | Parti Chrétien-Démocrate

Maman ET Papa

PCD 7 novembre 2012

Dans l’éditorial de son journal municipal de Novembre 2012, Xavier Lemoine, Président-délégué du Parti Chrétien-Démocrate et maire de Montfermeil (93) nous livre de façon claire et synthétique les raisons de son opposition au mariage et à l’adoption par les couples homosexuels.

La question du « mariage pour tous » qui veut ouvrir le mariage aux personnes homosexuelles me semble si grave que je tiens à revenir devant vous pour vous exposer, avec encore plus de précisions, ce qui me semble juste à défendre. Vous trouverez donc dans les lignes suivantes les réponses que j’adresse à toutes les personnes, très nombreuses et de toute la France, qui m’écrivent à ce propos suite aux diverses émissions télé et radio auxquelles j’ai pu participer. Je souhaite qu’en toute liberté vous puissiez approfondir votre réflexion sur ce sujet et déterminer ce que vos convictions pourraient vous inciter à entreprendre comme actions pour faire valoir votre point de vue et le faire respecter. Que personne ne puisse dire un jour : « Nous ne savions pas ».

Cher Monsieur,

Je reviens sur votre mail et vous remercie de me l’avoir adressé.

Avant d’évoquer la question de la discrimination, je voudrais que l’on revienne à la vraie question qui est en jeu. C’est celle du mariage et rien d’autre. Qu’est-ce le mariage ? C’est une institution reconnue et protégée par la société, non pas pour officialiser une vie de couple mais pour permettre la fondation d’une famille. Le mariage n’a pas pour but de reconnaître un sentiment entre deux personnes, mais bien de reconnaître les circonstances objectives qui permettent l’existence et l’épanouissement des familles. Aux yeux de la société, qui veut se maintenir dans le temps et qui a donc le souci du renouvellement des générations, l’engagement durable d’un homme et d’une femme dans la perspective de la procréation est une sorte de « service public ». Elle le soutient comme tel.

La première grande question soulevée par ce projet de mariage homosexuel, celle de l’égalité de traitement entre tous les couples, est donc une question biaisée. Il ne peut exister de discrimination qu’entre personnes qui sont par ailleurs dans des situations objectivement semblables. Or les couples de même sexe ne sont pas, par nature, potentiellement féconds et ne sont pas non plus en mesure de fournir aux enfants accueillis la double référence fondamentale homme/femme, père/mère dont ils ont besoin pour se construire. L’institution du mariage ne concerne donc pas les couples homosexuels, c’est un fait objectif qui n’a rien à voir avec la qualité humaine des personnes. Il n’y a pas de discrimination à réserver le mariage à un homme et une femme. L’argument de la discrimination entre les couples n’est qu’un argument d’intimidation.

La deuxième grande question, en revanche, est celle de la discrimination à l’égard des enfants, et celle-là n’est pas prise en compte dans le projet du mariage homosexuel. Ce projet instituerait en effet une très grave discrimination entre les enfants, certains se trouvant délibérément privés de pouvoir bénéficier pour leur croissance, leur équilibre et leur maturité de la présence distincte et complémentaire d’un homme et d’une femme, d’un père et d’une mère. Or il en va de la psychologie comme de la physiologie : de même que nous sommes à moitié composés du patrimoine génétique d’un homme et d’une femme, de même c’est en référence à un homme et une femme qu’un enfant doit parachever sa croissance, psychique notamment. Puis-je vous renvoyer aux drames des divorces et aux difficultés de l’adoption pour vousen convaincre ? Dans cette affaire, l’on passe du « Droit DE l’enfant » au « Droit A l’enfant ». Où est l’intérêt supérieur de l’enfant, qui est censé guider nos règlements d’adultes pour protéger les plus petits ?

Troisième grande question qui se pose en regard de l’impossibilité radicale pour un couple homosexuel d’engendrer la vie : la procréation médicale assistée. Si celle-ci était autorisée, chaque enfant aurait, en plus du parent 1 et du parent 2 en charge de son éducation, un ou deux parents biologiques. Lorsque l’on connaît les souffrances et les troubles des ruptures de filiation dans des situations bien plus simples, comment trouver normal d’infliger de tels traitements à des enfants ?

Quatrième grande question : le projet va retirer à tous les couples mariés leur qualité d’homme et de femme, de père et de mère, pour leur substituer un qualificatif de parent 1 et parent 2, qui ne dit rien de leur sexe, de leur complémentarité et donc du rôle à avoir auprès de l’enfant. C’est une violence sans précédent faite aux personnes, à la famille et à l’équilibre de la société. Je crois profondément que cette violence contient en germe des troubles graves à l’ordre public. Le règne de l’indifférenciation, de la confusion, d’une société androgyne et du triomphe de la théorie du genre, c’est à la société ce qu’est la fission nucléaire à l’atome !

Cinquième question : si l’on devait accepter ce projet au nom du respect et de la reconnaissance dû au sentiment amoureux, à ce jour celui des personnes homosexuelles, cela voudrait dire qu’il faudrait respecter et reconnaître demain toutes les autres exigences, revendications que nos sentiments créeront avec un raffinement sans fin de combinaisons diverses (Polygamie, Polyamorie,…). Ce n’est pas de la science-fiction : au Brésil, par exemple, où le mariage homosexuel est reconnu par la loi, a été institué le mariage à trois. Est-ce cela que nous voulons ?

Enfin, je voudrais répondre très simplement à l’objection selon laquelle un maire est tenu d’appliquer la loi. C’est exact, il le doit. Mais la levée de boucliers de tant de maires pose une autre question, en amont : celle de la légitimité d’une telle loi, dans la mesure où elle heurte le bon sens des citoyens, et la cohérence humaine et sociale de notre démocratie. Cela vaut au moins un débat approfondi. On ne peut pas demander aux maires, premiers élus de terrain, garants de la paix sociale dans leur commune, de défaire d’une main ce qu’ils édifient de l’autre.

Et pour conclure vraiment ce courrier, je tenais à vous assurer de mon profond respect des personnes et ce quelle que soit leur orientation sexuelle.

Vous remerciant de l’occasion qui nous a été donnée d’échanger sur un sujet grave et sensible, je vous prie de croire, Cher Monsieur, en mon plus profond respect.

Xavier Lemoine

Maire de Montfermeil

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A propos de l'auteur

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