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Manif pour tous : la grande inconnue

PCD 25 mars 2013

Le Parisien.fr le 24/03/2013. Le rassemblement national anti-mariage gay débutera à 14 heures à Paris. Les opposants espèrent plus d’un million de personnes. Les autorités, elles, en prédisent nettement moins. Le combat de trop ?

Le 13 janvier dernier, une manifestation des opposants au mariage gay s’était déjà déroulée entre la Place Denfert-Rochereau et le Champ de Mars, à paris. Les paris sont ouverts et les écarts n’en finissent pas de se creuser. Les forces de l’ordre, qui ont dénombré 340 000 manifestants le 13 janvier, tablent cette fois sur une réduction très nette de la mobilisation en établissant une fourchette de 150 000 à 200 000 personnes. Le collectif Manif pour tous, lui, voit sept fois plus grand. Albéric Dumont, coordinateur général, qui recensait plus d’un million de participants il y a deux mois, prédit une hausse de 10 à… 40% ! En coulisses, on a donc gonflé les stocks de drapeaux et de pancartes, commandé 14 nouveaux écrans géants et 33 camions sono.

Pas de défilé

Parmi les indicateurs encourageant à l’optimisme des anti, les 3500 véhicules destinés au covoiturage, les réservations de TGV qui ont doublé et les mille cars remplis. « La détermination devient énorme », prévient Frigide Barjot, égérie du mouvement. « De la colère germe dans les rangs », surenchérit Franck Debeaud, délégué du Parti chrétien démocrate à Argenteuil. « Journalistes et politiques font tout pour étouffer nos actions et nous n’avons qu’une envie : nous faire entendre. »

Hier soir, pourtant, la préfecture de police maintenait ses prévisions à la baisse.

Interdit d’accès aux Champs-Elysées, le collectif a dû se satisfaire d’un axe unique reliant l’Arche de La Défense à l’Arc de Triomphe, via les avenues de la Grande-Armée et Charles-de-Gaulle. Si, tout compte fait, la « portée symbolique » du parcours ravit les organisateurs, la configuration même du rassemblement se voit profondément modifiée. Car 5 km de voies ne permettent pas de défiler. Le cortège sera donc fixe, et c’est sur écrans que les opposants au mariage gay devront suivre les interventions faites sur le podium, face à l’Arc de Triomphe. Voilà qui aura le mérite de faciliter les comptages.

Les anti s’accrochent à l’idée d’un référendum

Malgré les espoirs affichés, pour de nombreux observateurs, le risque de démobilisation est réel. D’abord parce que la journée choisie correspond au dimanche des Rameaux, ce qui pourrait priver le mouvement — composé de nombreuses familles catholiques — d’une partie de ses sympathisants. « C’est vrai que nous aurions préféré une autre date », reconnaît Barjot. Deuxième motif, le calendrier : Christiane Taubira ayant annoncé que sa loi entrerait en vigueur cet été, la messe paraît dite.

Mais les opposants espèrent toujours un retrait du texte (adopté le 12 février à l’Assemblée, il doit encore être débattu au Sénat début avril) et s’accrochent à l’improbable idée d’un référendum. En cas d’échec, Frigide Barjot n’exclut pas d’entrer en politique et d’inviter le mariage gay aux municipales. « D’autres idées circulent, comme dévaliser tous les livrets A d’un coup, mais nous n’en sommes pas là », lâche-t-elle. Auparavant, il faudra notamment s’occuper des plaintes pour « diffamation » et « incitation à la haine », et financer les recours liés aux manifestations. Le collectif vient de dédier une ligne budgétaire aux frais de procédure.

A partir de 9 heures, la circulation et le stationnement seront interdits entre La Défense et le Rond-point des Champs-Elysées.

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A propos de l'auteur

Créé en 2001, le PCD est présent dans plus de 75 délégations à travers toute la France pour remettre l'homme au cœur des décisions politiques.