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Mariage homo : « Il faut un débat. »

PCD 16 août 2012

Interrogée par leJDD.fr, Christine Boutin, présidente du Parti démocrate chrétien, rejoint la demande de débat public sur le mariage homosexuel formulée par l’Eglise, même si elle souhaite « dépassionner » le sujet.


L’Eglise catholique dit s’opposer au mariage homosexuel et réclame, par la voix de Mrg Bernard Podvin, un débat politique. Demandez-vous aussi ce débat ?

Le mariage homosexuel est un sujet grave, ni de droite ni de gauche. Il mérite un débat qui n’a pas eu lieu pendant la campagne présidentielle. Bien sûr, il s’agit de l’un des 60 engagements du président de la République, mais les Français n’ont pas élu François Hollande pour sa position sur les sujets de société. Ils ont surtout voté pour un changement des politiques de l’emploi, du logement et sur le pouvoir d’achat. Pour ma part, je souhaite que le gouvernement n’esquive pas un débat sur le mariage homosexuel et, pour montrer que sa décision sera celle des Français, il doit organiser un référendum.

Pourquoi le suffrage universel est-il nécessaire ?

Vous m’interrogez sur le sujet car j’ai une opposition au mariage et à l’adoption homosexuels que tout le monde connaît. Mais, aujourd’hui, la classe politique et la population française sont bien plus partagées sur le sujet qu’elles n’y paraissent. Or, il ne doit plus y avoir de passion sur ces sujets-là. Il faut que la décision sur le mariage homosexuel soit sans appel. D’où mon appel solennel à un référendum. Nous sommes dans une République et c’est par le vote qu’une mesure acquiert sa légitimité. Dans le cas contraire, il y aura des tensions importantes dans la société française.

Au moment du Pacs, il n’y a pas eu de référendum. Le vote de la loi n’a pourtant pas été suivi de tensions…

Le Pacs, auquel je suis toujours hostile, n’est qu’un ersatz de mariage. Sinon les militants homosexuels n’auraient pas leurs revendications actuelles. Le mariage a juridiquement des conséquences bien plus importantes que le Pacs. J’imagine d’ailleurs que la garde des Sceaux doit s’arracher les cheveux sur l’élaboration de son projet de loi, tant il impose d’adapter les codes de notre société. Et cela, ce n’est pas une question de religion.

Au moment du Pacs, les évêques de France avaient qualifié la loi « d’inutile et dangereuse ». Cela a-t-il eu un impact sur le débat à l’époque ?

Sur les sujets de société, les politiques attendent la parole des religieux. Cela leur permet de faire une analyse sur les attentes de la société. Les Evêques de France, le Conseil français du culte musulman (CFCM) ou encore le Conseil représentatif des Juifs de France (Crif), pour ne citer que ces exemples, sont des autorités morales qui éclairent la classe politique sur l’impact de leurs propositions. D’ailleurs, sur le mariage homosexuel, il ne serait pas étonnant de voir les juifs ou les musulmans prendre position sur le sujet.

Depuis quinze ans, la classe politique aborde et légifère sur des sujets qui touchent les communautés religieuses (le voile, les lois sur la bioéthique, etc.) et a même lancé un débat sur l’identité nationale. Est-ce une nécessité de réaffirmer le caractère laïc de la République ?

Par son article 1 de la Constitution qu’il n’est pas prévu de revoir, la France est une République laïque, indivisible, qui respecte toutes les croyances et religions. La laïcité n’est pas l’interdiction des religions, mais l’inverse. La loi sur la burqa, que j’ai votée, a été perçue politiquement non pas comme un fait religieux, mais comme une atteinte à l’intégrité de la femme. De toute façon, l’Etat ne pourra jamais empêcher l’expression religieuse, qu’elle soit catholique, juive, musulmane…


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A propos de l'auteur

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