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Marine, Macron et la culture de la repentance – Tribune de Franck Margain, Vice-président du PCD

PCD 31 mars 2017

Dans Valeurs actuelles, Franck Margain, Vice-président du Parti Chrétien-Démocrate, reviens sur les enjeux des élections 2017.

[TRIBUNE] Marine, Macron et la culture de la repentance

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Par Franck Margain / Vendredi 31 mars 2017 à 07:48

Tribune. Dans l’hypothèse d’un second tour des élections présidentielles entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, pour qui voteriez-vous ? On n’arrête pas de nous poser cette question, comme si le premier tour était déjà joué, et que le choix se limite à ces deux bords, y compris sur le long terme.

Pourtant, si l’on veut se donner la peine d’examiner les choses, et dépasser le court terme, on s’aperçoit qu’il y a une troisième voie idéologique qui émerge lentement, et qui n’est ni de ce bord, ni de l’autre. Un sujet qui a fait récemment l’actualité permet de faire le point sur ces trois options idéologiques. C’est la question de la colonisation qu’on pensait dépassée. C’est réapparu à la suite d’une déclaration d’Emmanuel Macron : « un crime contre l’humanité ». Il n’a rien trouvé de mieux dans un voyage à l’étranger que de souligner les erreurs du passé de son pays.

Un duel éclairant

Mais la réponse de ses adversaires avait aussi de quoi surprendre. Voici que des voix s’élevaient pour défendre l’idée coloniale elle-même. C’est stupéfiant ! Il y a encore des gens qui pensent qu’il est légitime de coloniser un autre peuple… On leur a construit des routes et des écoles, disent-ils. La bonne affaire !

Ce duel est éclairant. D’un côté, nous avons des gens qui veulent nous enfermer dans les erreurs du passé. Ils nuisent à la France en utilisant son passé contre elle. A les écouter, notre histoire n’est qu’une somme de crimes. De l’autre côté, on voit des gens refuser de reconnaître les fautes du passé car ils pensent que cela affaiblirait leur identité. Ils finissent même par vanter ces erreurs comme des bienfaits. Et cela aussi nuit à la France.

Les uns veulent nous présenter notre passé comme impardonnable. Les autres ne voient même pas ce qu’il y a à pardonner. Au fond, ils constituent les faces d’une même pièce. Les deux rejettent la nécessité et la puissance de la réconciliation pour l’humanité. D’ailleurs on entend souvent ces deux camps dire leur rejet de « la culture de la repentance ». Mais quelle est donc cette fameuse « culture de la repentance » qu’ils rejettent ? C’est en fait, tout simplement, la culture chrétienne…

Dans le christianisme, en effet, le repentir est une chose essentielle. Il implique un mouvement de retour, de réorientation vers ce qui est bon. Il s’agit reconnaître qu’on s’est trompé et de changer. Sans le repentir, il n’y a pas de vraie réconciliation possible, ni au niveau individuel, ni même au niveau d’une nation. Or le « Chrétien est un homme ou une femme de réconciliation », comme le dit le pape François.

Actuellement, il y a une mauvaise compréhension, un mauvais usage politicien, un détournement de cette notion, qui crée son rejet. Alors précisons que le repentir ça n’est pas une question de donner de l’argent. Ca ne consiste pas à se lamenter ou à s’accuser perpétuellement. Il ne s’agit pas de ruminer éternellement le passé, ni de rester focalisé sur ce qui est mauvais et d’en faire des musées. Au contraire, le repentir a comme fonction de nous décoller de ce passé pour nous projeter dans un avenir meilleur.

Mais il n’est pas étonnant de voir ces deux pôles politiques rejeter la repentance, et en méconnaître le sens. Car ils ne sont pas reliés à ses racines chrétiennes. La différence entre eux c’est que les uns rejettent ces racines. Alors que les autres s’en revendiquent mais en sont aussi détachés.

Macron prend la France pour un smartphone obsolète qu’il veut remplacer par un nouveau…

Macron rejette explicitement les racines chrétiennes de notre pays. Dans un meeting, il a eu cette formule très significative : « la France, du sacre de Clovis à nos jours ». Du sacre, pas du baptême ! Puis il a bien signifié que le christianisme dans l’histoire de France n’était qu’un élément, une religion, parmi tant d’autres, sans plus d’importance. Cette vision correspond bien à son programme qui veut « bâtir une France nouvelle ». Nouvelle ! Parce que l’ancienne ne lui va pas… Le consumérisme poussé à son extrême ! Il prend la France pour un smartphone obsolète qu’il veut remplacer par un nouveau…

Marine, elle, revendique ces racines, c’est vrai. Et c’est une bonne chose. Mais, globalement, son courant n’en retient que les éléments folkloriques et pas l’essence. C’est un peu comme ces gens qui célèbrent le carnaval mais sans aucun lien avec le carême… Ca devient du n’importe quoi. Elle veut retrouver la France perdue, un autrefois fantasmé où la France était un beau pays parfait. C’est comme ces gens qui nous parlent du service militaire qui était si bien, et qui oublient la perte de temps, les humiliations, la fausse mixité avec les enfants des riches qui servaient dans les ministères…

Fort heureusement, au-delà de ces deux possibilités, entre la France nouvelle sans racines, et la France fantasmée déracinée, il y a une troisième voie qui s’offre pour notre pays. C’est la voie de la France réelle, la voie chrétienne démocrate, qui prône de se relier de nouveau à nos racines chrétiennes, et de redonner du sens à notre société. Elle en est à son balbutiement, c’est vrai. Mais elle existe, et se développe. Elle constitue une belle perspective d’avenir pour la France. Dans cette optique, on comprend que l’enjeu profond dépasse de loin la question de départ et le choix entre deux candidats… Pensons à la manière dont nous ferons avancer cette cause. Et votons en conséquence.

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A propos de l'auteur

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