PCD | Parti Chrétien-Démocrate

Mes réponses à quelques questions sur ma candidature

PCD 25 juin 2011

« Votre candidature est inutile. » « Et le risque de 21 avril à l’envers ? » Réponses à quelques questions lues ou entendues au sujet de ma candidature à l’élection présidentielle 2012.

« VOTRE CANDIDATURE EST INUTILE »

Ma candidature est utile pour que la droite ne perde pas ses valeurs et ses idées fondatrices et qu’elle parle d’une voix forte sans avoir peur de son ombre.

Nous allons sortir d’un quinquennat qui aura beaucoup proclamé la rupture mais n’aura pas toujours tranché les points de tension. Quel est l’enjeu de notre débat politique ? Que la France rentre dans le 21e siècle sans renier ses valeurs et sans avoir peur de l’avenir.

Il n’y a qu’une méthode : que l’homme soit remis au cœur de tout projet politique, qu’il prenne la première place face aux enjeux politiques, économiques, environnementaux auxquels nous sommes confrontés, pour que sa dignité soit défendue, de sa conception à sa mort naturelle.

Les nombreuses dérives qui ont eu lieu cette année à l’Assemblée et au Sénat, touchant notamment au respect de la vie et de la famille, ne sont pas seulement venues de la gauche. Il est indispensable aujourd’hui de lancer un cri d’alarme, pour que la droite se réveille, et refuse de faire un pas de plus qui nous ferait glisser encore de la civilisation vers la barbarie. Il est indispensable de réaffirmer que certaines valeurs doivent être prises en compte, et c’est seulement à travers une candidature que nous serons audibles et influents. L’homme est en danger : il doit être protégé. Le libéralisme qu’il soit économique ou culturel ne suffit pas à définir ce qui nous réunit.

Nicolas Sarkozy, malgré le charisme et les nombreuses qualités que nous ne pouvons que lui reconnaitre, restera un politique influencé d’abord par les sondages.

En 2007, je me suis ralliée à lui parce que je pensais que c’était la meilleure formule pour le respect de nos valeurs compte tenu de ce qu’il proposait. Aujourd’hui, cinq ans plus tard, beaucoup de choses ont changé : il est temps d’avoir une parole qui propose aux Français un nouveau projet de société, compte tenu des défis qui s’annoncent. Cela fait bientôt trois ans que l’aile de centre-droit et, plus encore, les chrétiens-démocrates, font valoir leurs réserves sans être réellement entendus ni pris en compte… Aujourd’hui, il est temps de montrer clairement que nous existons et d’affirmer nos valeurs. Non par jeu politicien : nous avons le devoir, la mission de prendre la parole et de transmettre une vision pour la France, pour les Français, pour l’homme. Nous passons dans une phase décisive qui doit nous mener en 2012 à peser de toutes nos forces sur les choix du 2ème tour. Nous sommes porteurs de valeurs incontournables pour construire une France qui retrouve le goût d’elle-même pour que les Français retrouvent le goût des autres. Ces valeurs doivent être portées pour qu’elles soient au cœur du choix de 2012.

Enfin, je tiens à souligner un autre aspect. Qui aujourd’hui propose des idées fortes et innovantes en France ? Le PS est il à la hauteur des Jaurès, Mendès-France et même Mitterrand ? L’UMP porte-t-elle la candidature d’un De Gaulle, d’un Chaban-Delmas ou même d’un Barre ? Cela se saurait ! Aujourd’hui, par le jeu notamment du quinquennat qui renforce la bipolarisation, les candidats susceptibles d’être les favoris ne sont plus force de propositions innovantes. Ils jouent sur les clientèles, sur la capacité à rassembler, donc soit sur l’obligation de ne froisser personne soit au contraire sur le choix de souligner les points de clivage.

Mon but est aussi de rassembler mais je passe par d’autres chemins. Je ne choisis pas le clivage par plaisir mais j’assume des convictions claires. Je propose des réformes structurelles profondes, non pour flatter des clientèles, mais par nécessité. Le fait de ne pas être une favorite de ce scrutin me permet de parler en vérité :

Non, notre protection sociale ne peut pas rester figée, il faut l’adapter profondément ;

Oui, nous sommes capables d’avoir un vrai filet de sécurité, une valorisation de l’effort et une fiscalité plus juste sans surcoût pour l’Etat ;

Non, nous ne pouvons plus accepter que nos modes de vie soient mis en cause, que notre héritage spirituel et culturel soit nié, que nos valeurs ne soient plus reconnues ;

Oui, nous pouvons relancer notre capacité d’assimilation, nous pouvons garder notre vocation de France terre des droits de l’homme, nous pouvons parler au monde sans avoir peur ;

Non, nous n’acceptons plus de pseudo pédagogies qui fragilisent tous les enfants, des idéologies enseignées comme des sciences ; des écoles où les nouvelles hiérarchies sont celles de la force ou de l’argent ;

Oui, nous pouvons encore transmettre nos valeurs, notre culture, nos racines, notre langue et l’amour de notre pays, nous pouvons en être fiers et le partager avec ceux qui choisiront d’en adopter les formes.

« Aujourd’hui une partie de la droite avalise des thèmes de société qui ne lui sont pas naturels, par faiblesse morale et intellectuelle, déclare notre porte-parole Xavier Lemoine. On l’a vu sur les questions de bioéthique. Et seul un débat approfondi et public permet, parfois, un sursaut, même à quelques voix près. Christine Boutin a une vision de l’homme et de la société. C’est réfléchi, médité, éprouvé. Elle dit que le temps de la composition politique est fini. Parce qu’il y a une véritable pente idéologique qui éloigne notre société de ses fondamentaux. Et qu’il faut en parler pour ne pas se laisser entraîner malgré soi. C’est tout de même un ministre de l’Éducation de droite qui impose la théorie absurde du « gender » aux lycéens français. On ne peut pas imaginer une campagne présidentielle ou rien de cela ne serait expliqué. »

 

« VOTRE CANDIDATURE EST DANGEREUSE POUR LA DROITE ET NOUS FAIT RISQUER UN 21 AVRIL À L’ENVERS. »

« Je pense que, dans une action politique, vouloir faire cohabiter tout et son contraire c’est du syncrétisme ou du mensonge. La démarche de Christine permettra d’élever le débat et de clarifier un projet cohérent pour la France, affirme Xavier Lemoine. C’est ce souci de constance qui justifie une telle candidature et le refus de s’allier au premier tour avec d’autres personnalités, aussi attachantes puissent-elles être, de la majorité présidentielle. »

Le risque existe face aux candidatures multiples à droite, mais il existe surtout lorsque les candidats des gros partis ne parviennent plus à représenter la diversité de leur famille politique. Ma candidature n’est donc pas une fragilisation mais une volonté de permettre à notre électorat de s’exprimer sans trouver des voies extrêmes ou se résigner à l’abstention. En effet, nous ne nous trompons pas d’adversaire : nous savons qu’avec la gauche, nos idées, notre projet de société seront totalement méprisés. C’est pourquoi nous souhaitons que les voix des électeurs restent à droite. Mais dans l’histoire des familles politiques en France, la droite est diverse, rassemblant les libéraux, les gaullistes de gauche, les progressistes de droite, les démocrates chrétiens, les eurosceptiques. Il serait donc excessivement dangereux et irresponsable qu’elle ne soit représentée que par un seul candidat pour porter les valeurs de la droite et du centre. Les électeurs ne se retrouvant pas dans ce candidat risqueraient de s’abstenir ou de ne pas voter à droite.

Pour empêcher l’expression de la diversité politique, dans une démarche bien peu démocratique, on voudrait faire peser sur ma candidature la responsabilité d’un 21 avril à l’envers. C’est un faux débat.

En 2002, les candidats des 2 grands partis de gouvernement étaient des candidats sortants qui n’ont pas su proposer aux Français une offre politique véritablement nouvelle. La démocratie française a besoin de cette diversité politique.

N’oublions pas non plus que, si le socialiste Lionel Jospin a été éliminé le 21 avril 2002 au premier tour de la présidentielle, devancé par le président du FN Jean-Marie Le Pen, c’est parce que sa campagne n’a pas été à la hauteur de son ambition : même la gauche le reconnaît. Or, nous sommes convaincus qu’en 2012, le candidat de la droite, quel qu’il soit, sera un bon candidat.

Enfin, les institutions françaises permettent une élection présidentielle à deux tours.

Le premier est l’occasion de propositions et de votes d’enthousiasme et permet la confrontation des projets : le deuxième permet le rassemblement. Les votes de résignation ou par défaut sont dévastateurs pour l’esprit public et pour notre dynamisme national, ils ne font que favoriser les votes de rejet et de défiance. C’est une question de démocratie. Si nous voulons un seul candidat, nous sommes dans un système de pensée unique. Est-ce que les Français veulent la pensée unique ? Ne tombons pas dans le piège de votes obligatoires ou d’instauration d’un vote « utile », qui constituent un réel danger pour l’expression démocratique.

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A propos de l'auteur

Créé en 2001, le PCD est présent dans plus de 75 délégations à travers toute la France pour remettre l'homme au cœur des décisions politiques.