PCD | Parti Chrétien-Démocrate

Non au marché de l’enfant que crée le mariage gay

PCD 28 août 2012

 Dans une tribune parue dans Le Monde le 17 août, Franck Margain, Conseiller régional et vice-président du PCD livre sa réflexion sur l’homoparentalité.

« En voulant satisfaire les demandes de quelques milliers de « couples » de même sexe, nous saccagerions la dignité de l’être humain ? Le mariage religieux, puis le mariage civil depuis deux siècles, n’a jamais été la reconnaissance sociale d’un amour, mais d’abord l’institution pérennisant l’engagement d’un homme et d’une femme à fonder une famille. S’il l’avait été, en 1792, alors, il aurait fallu inscrire dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen le droit de chaque citoyen d’obtenir la bénédiction républicaine à chaque fois qu’un lien affectif le relie à l’un de ses semblables.

Or, si nous autorisons le mariage et l’adoption pour les personnes de même sexe, nous transformons la nature même du mariage. De réalité objective, nous le transformons en droit subjectif. Déjà affaibli par le pacs, il a créé une grande fragilité pour la personne abandonnée, nous le métamorphosons en un objet indéfinissable.

Il est facile de comprendre la nécessité de donner une stabilité à l’engagement d’un homme et d’une femme de fonder une famille puisque de leur union biologique naissent des enfants. Il est du devoir de la nation de les protéger. Mais, si le mariage devient la reconnaissance d’un amour, indépendamment même de la possibilité biologique, de fonder une famille, alors, dans cinquante ans, que deviendra-t-il ?

Le mariage n’est pas la reconnaissance sociale de l’amour ; l’amour peut prendre des formes très variées. Nous, qui, sur le plan philosophique, n’arrivons plus à convaincre de la spécificité de l’amour conjugal, comment défendrons-nous que l’amour qu’affirment vivre ensemble deux, trois, quatre personnes d’une famille recomposée n’est pas de même nature que celui d’un homme et d’une femme ?

Dans vingt ans, nous aurons des extensions du mariage civil à un, deux, trois personnes qui, à la faveur d’un nouvel amour, exprimeront leur besoin de reconnaissance et leur besoin d’être à leur tour père ou mère des enfants aux côtés d’un ou de plusieurs premiers époux qui n’auront pas eu envie de divorcer. Alors, nous aurons détruit la principale protection sur laquelle notre monde s’est construit : l’union stable d’un homme et d’une femme portant dans cette fidélité l’exigence qui a permis à notre civilisation de respecter davantage que d’autres et la dignité de la femme et celle de l’enfant.

Mais, il est encore temps de réagir. Il est possible, déjà, de déceler les contradictions des partisans de l’homoparentalité. Ils veulent l’égalité des droits des adultes sans celle des enfants d’avoir le droit d’être éduqués, dans l’altérité, non par de simples éducateurs, mais par des parents, qui, de préférence, ont un lien biologique avec eux. Ils veulent nier, occulter, transformer la réalité biologique la plus fondamentale : nous sommes tous issus d’une union entre un homme et une femme. Ce faisant, ils acceptent et favorisent une série de transgressions dommageables pour les femmes et pour les enfants.

« PRODUIT DE CONSOMMATION »

L’ouverture du droit à l’adoption simple et plénière ouvre celle de l’insémination artificielle pour les lesbiennes qui voudront la possibilité d’avoir un lien biologique avec l’enfant qu’elles souhaitent élever. Leur sera ouverte ensuite la procréation médicalement assistée. Quant aux hommes, ils réclameront d’inséminer des mères porteuses pour mettre au monde des enfants qui leur seront soustraits. C’est la création du marché de l’enfant, « produit de consommation » venant satisfaire les désirs des adultes.

Pour satisfaire le désir d’enfants de « couples » de même sexe, on fabriquera des orphelins de père ou de mère ou bien on étendra le mariage à trois ou quatre pour y inclure les parents biologiques. Les Pays-Bas, déjà, reconnaissent le partenariat civil à trois personnes, le premier ayant été conclu par deux femmes bisexuelles et un homme. Le débat sur cette question est occulté, confisqué, soumis à la pensée unique réduit à quelques chiffres brandis pour manipuler l’opinion publique. Exemple : 95 % des maltraitances le sont dans des familles composées d’un père et d’une mère. Il est normal et rassurant que la plupart des maltraitances aient lieu dans des couples composés d’un homme et d’une femme puisque les couples de même sexe avec enfants représentent moins de 1 % de notre population. Ne laissons pas une minorité transformer nos institutions, et créer l’enfant « produit ». »

Vous aimez cet article ? Partagez-le !

A propos de l'auteur

Créé en 2001, le PCD est présent dans plus de 75 délégations à travers toute la France pour remettre l'homme au cœur des décisions politiques.