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Présentation du projet : le discours de Christine Boutin

PCD 21 novembre 2011

Ce lundi 5 décembre, Christine Boutin a présenté devant la presse le projet qu’elle portera pour l’élection présidentielle 2012. Retrouvez son discours de présentation.

La crise économique et morale que nous connaissons est grave, très grave.

Nous sommes rentrés dans une 3e guerre mondiale sans bombe ni obus, certes, mais porteuse d’inquiétude, de désespérance, de morts.

Toutes les 6 heures, la faim dans le monde fait autant de victimes que les attentats du 11 septembre 2001.

L’Europe est en plein déséquilibre, en pleine instabilité, en pleine fragilité démocratique.

Regardons les Grecs au référendum interdit, les Italiens au coup d’État masqué, les Espagnols avec 50% de jeunes au chômage et des anciens de la Goldman Sachs à la tête de la BCE, de la Grèce, de l’Italie …

La France n’est pas épargnée.

Les Français sont inquiets, repliés sur eux-mêmes. 75 % des jeunes ne croient plus en l’avenir de leur pays, si bien que nous sommes situés au 163e rang, après le Nigeria, pour notre confiance en l’avenir.

Sur le plan économique, Peugeot par exemple a annoncé la semaine dernière qu’il délocalisait, non plus ses centres de production, mais ses centres de recherche.

Sur le plan de nos principes de Droit, l’interdiction de la polygamie était bafouée par la présence d’un homme accompagné de ses deux femmes en burqa à la sortie du tribunal de Nantes.

Sur le plan politique, rien d’encourageant. Outre le déficit abyssal que l’on rappelle à l’envie, l’hypothèse de l’abandon de notre droit de veto à l’ONU, l’impression que la France devient le vassal de l’Allemagne dans une Europe au bord de la rupture, ne portent pas à l’espérance.

Et comment cacher que le programme du futur président de la République, de droite ou de gauche, se construit sur le bric et le broc médiatique, des sondages et des intérêts catégoriels ?

Notre pays désenchanté est devenu un patchwork de parts de marché électoral, explosé, sans boussole.

Ce vide de sens, d’objectifs ne correspond pas au génie de notre pays, passionné de liberté, de justice, d’universel, d’humanisme.

Ce que je veux présenter ce matin, c’est une ambition pour la France. Pour une France debout, résistante, qui nous redonne l’envie d’être heureux ensemble.

C’est un projet porteur d’espoir.

Je propose aux Français de refonder la société sur la simplification, la transparence, la participation, la confiance, la fraternité.

La simplification est nécessaire dans une société où l’on ne sait plus décrypter sa feuille de salaire, où les produits financiers ont atteint une telle complexité que plus personne n’est capable de les contrôler (CDS: Credit Default Swap).

Cette complexité a entraîné la défiance des uns par rapport aux autres. En France, 80 % des Français n’ont plus confiance en leur voisin.

La simplification conduira à la transparence et à la compréhension des règles du jeu, ce qui reconstruira la cohésion.

Il faut remettre aussi au goût du jour le 3e pan de notre devise nationale : la « Fraternité » qui est bien oubliée aujourd’hui.

Je propose donc de Résister, de Transmettre et de Construire.

Je veux refonder la société pour donner la priorité à la personne humaine. Pour que l’Homme soit la finalité et non le moyen.

L’Homme n’est pas une variable d’ajustement mais une personne unique, indispensable, véritable richesse qui doit être mise au centre de toute l’organisation politique.

Comment pouvons-nous accepter qu’une personne, parce qu’elle est marginale, soit poursuivie et meure dans un fourgon de police ?

Comment pouvons-nous accepter que deux kinésithérapeutes se suicident parce qu’ils ont fait trop d’actes ?

Comment pouvons-nous tolérer un tel taux de suicide chez nos agriculteurs ou dans nos prisons ?

Comment pouvons-nous accepter que l’école ait tellement perdu ses repères qu’une enseignante s’immole dans la cour de son établissement ?

 

***

 

Notre société a fondé sa croissance sur la consommation, sur la consommation à outrance.

C’est cette outrance qu’il faut rejeter. Or nos gouvernants ne nous proposent que des solutions techniques économiques et budgétaires au petit pied.

Il faut autre chose.

Je propose une société qui repose sur la primauté de la personne humaine, une société qui soit forte du lien qui unit les hommes :

– on résiste ensemble,

– on transmet à quelqu’un,

– on construit avec quelqu’un et pour quelqu’un.

Nous avons trop utilisé l’intelligence de l’Homme pour le futile, le superflu.

Je veux rediriger cette richesse, cette richesse humaine, cette créativité des Français vers l’essentiel, vers ce lien entre les hommes qui va au-delà du marketing, du monétaire et du financier qui doivent rester de l’ordre du moyen et non de la finalité.

L’absence d’être, l’oubli de la relation, c’est de cela que meurt l’économie. Lorsque les acteurs feignent d’ignorer les enjeux sociaux et humains des décisions qu’ils prennent au nom du seul rendement financier, ils amputent une part essentielle d’eux-mêmes, celle qui définit leur humanité.

Dans cette direction, on peut noter quelques initiatives intéressantes, qui montrent un chemin :

Le social business, la traçabilité sociale dans les entreprises, la responsabilité sociale de l’entreprise.

Mais il faut aller plus loin.

Je me suis entourée d’experts nationaux et internationaux pour construire un projet audacieux, centré sur la personne humaine.

Concrètement, mon projet comporte actuellement plus de 100 propositions dans 8 chapitres. Je vous donnerai un éclairage sur quatre propositions phares, avant de répondre à vos questions.

 

1. Je veux un capitalisme d’entrepreneurs et, pour cela, dynamiser nos PME, aujourd’hui asphyxiées, et leur donner les moyens de naître, vivre, croître et employer :

– Par la baisse des charges sociales qui pèsent sur les PME de 56 milliards d’euros ;

– Par la suppression du fouillis administratif actuel, et la mise en place d’une simplification fiscale qui intègre le revenu de base.

 

2. Je veux redonner l’espoir à la jeunesse et les moyens de le concrétiser :

– Par la suppression du ministère de l’Education nationale ;

– Par l’instauration d’un nouveau service national obligatoire, facteur de cohésion sociale.

 

3. Je veux que la famille retrouve sa place au sein de notre société :

– Par l’inscription dans la Constitution que le mariage unit un homme et une femme ;

– Par la création d’un ministère de la Famille, ministère de plein exercice, rattaché au Premier ministre ;

– Par l’attribution à chacun des membres de la famille d’un revenu de base.

 

4. Je veux que les Français retrouvent la fierté d’être Français et que l’Europe renoue avec son sens originel en s’appuyant sur des bases claires :

– Pour la France, l’acquisition de la nationalité doit être sans ambiguïté : suppression du droit du sol ;

– Pour l’Europe, elle doit assumer son histoire par l’inscription de ses racines judéo-chrétiennes dans le traité.

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A propos de l'auteur

Créé en 2001, le PCD est présent dans plus de 75 délégations à travers toute la France pour remettre l'homme au cœur des décisions politiques.