PCD | Parti Chrétien-Démocrate
Derniers articles

Retour sur le 24 Mars

PCD 27 mars 2013

Un participant de la Manif Pour Tous revient sur les événements du 24 Mars dernier et sur les prétendus « débordements » des manifestants, dont la responsabilité incombe davantage aux pouvoirs publics qu’aux manifestants eux-mêmes. 

1/ Nombre de participants :

Encore une fois les pouvoirs publics méprisent les manifestants en annonçant des chiffres ridiculement bas (300 000). Les organisateurs, trop raisonnables, ont annoncé 1,4 millions, le chiffre réel doit être plus proche des 2 millions. Afin de rétablir définitivement la vérité, il suffit de se référer au concert de Jean-Michel Jarre, le 14 juillet 1990 : les spectateurs étaient installés du Pont de Neuilly à l’avenue de la Grande-Armée (sans occuper autant la place Maillot puisqu’ils devaient regarder le spectacle et rester dans l’axe des avenues).

Ce concert a été donné pour 2,5 millions de spectateurs, validé par le Livre Guiness des Records. Le journal « Le Monde » du 17 juillet 1990 trouvait ce chiffre un peu élevé mais certainement supérieur à 2 millions.

Nous occupions, en plus, la moitié de l’avenue Foch, l’avenue Carnot et les rues adjacentes. Soit largement plus que le concert de Jean-Michel Jarre !

1,4 million semble donc être très raisonnable, mais le mensonge d’état continuera, et les vidéo tournées par l’hélicoptère ne seront probablement jamais rendues publiques (au mieux quelques extraits soigneusement choisis).

La polémique sur les chiffres étant évacuée, passons à la manifestation et aux incidents.

2/ La Manifestation

La manifestation devait commencer à 14 h mais dès 12h30 les gens affluaient et commençaient à remplir l’avenue de la Grande-Armée. À 14 h, l’avenue était déjà pleine alors que le flux continuait d’arriver, la place Maillot s’est remplie très rapidement, ainsi que l’avenue Charles de Gaulle (à Neuilly sur Seine). Mais les manifestants continuaient d’arriver ! Vers 15h30/16h, l’avenue Foch a été ouverte en délestage (dans les réunions de préparation, la préfecture ne prévoyait ce délestage qu’à partir de 1,2 million de personnes) mais cela n’a pas suffit et très rapidement l’avenue Carnot servit également de délestage.

À ces zones de rassemblement, il faut rajouter les personnes en déplacement dans les rues réservées à la manifestation (avenue Malakoff, par exemple). Ces personnes cherchaient un moyen de s’approcher un peu du lieu de rassemblement pour voir et entendre… Car malgré les 20 écrans géants et l’impressionnant dispositif de sonorisation, beaucoup de personnes n’entendaient où ne voyaient rien !

Reste que cette manifestation s’est déroulée, encore une fois, dans la bonne humeur et la convivialité. Il faut quand même souligner que la colère gronde et que de nombreux manifestants réclament un durcissement du mouvement devant l’autisme du gouvernement et l’omerta des médias.

Qui a entendu parler du dernier sondage qui donne 61 % des français opposés au projet de loi Taubira ? Trop peu de personnes ! Les médias ne l’ont pas relayé ! Il est temps que la population soit entendue.

3/ la Polémique sur les Incidents

Sans ces incidents, nous pouvons nous demander si les médias auraient parlé de notre manifestation : en effet, le déroulé, le contenu et les motifs ont été quasi totalement occultés par les médias. Seuls les incidents ont été abordés et encore de façon négative et en plaçant le collectif en « responsable ».

S’il ne faut pas s’étonner d’une nouvelle tentative de discréditation du mouvement Manif Pour Tous par l’état, peut-être devrions-nous parler du Régime au pouvoir, il est consternant de constater que les journalistes ont, encore une fois, déformé les faits.

Heureusement pour nous, l’Internet, par les témoignages et les vidéos, nous permet de rétablir la vérité. Et si une commission d’enquête un tant soit peu sérieuse et non partisane, est mise en place les responsabilités seront très rapidement établies (le pouvoir risque alors de vaciller, au minimum préfet et ministre de l’intérieur).

Les Incidents ?

En fait, il y a eu plusieurs situations différentes qu’il faut bien distinguer :

A/ Le débordement sur la place de l’Étoile
B/ Les incidents en haut de l’avenue Foch
C/ Les incidents de la soirée sur l’avenue des Champs-Élysées

Chacun de ces trois points a des origines, causes et responsabilités différentes :

A/ Le débordement sur la place de l’Étoile

La densité aux abords du podium en haut de l’avenue de la Grande-Armée était tellement élevée que cela en devenait dangereux, il a fallu ouvrir les barrières donnant accès à la place de l’Étoile pour délester. C’est d’ailleurs le premier « carré », celui des VIP, élus, invités et intervenants du meeting, bref des voyous patentés, qui abordent alors cette place interdite ! L’ouverture des barrières se fait avec l’accord des policiers autour qui ont conscience de la dangerosité de la situation. En même temps l’organisation fait bloquer l’accès au bas de l’avenue de la Grande-Armée afin de diminuer la pression de la foule.

Mais ces personnes se trouvent prises dans une « nasse » étanche : tous les accès à la place sont fermés ! Ils déambulent tranquillement sur la place et certains vont jeter un œil sur l’accès aux Champs-Élysées.

Rien de bien méchant et tout se passe bien jusqu’à ce que, semble-t-il, des ordres venus d’en haut intiment l’ordre aux forces de l’ordre de vider la place. Mais les manifestants n’ont nulle part où repartir : tous les accès sont bouclés et, au lieu d’ouvrir une sortie et d’y diriger les manifestants, les forces de l’ordre vont sur-réagir. Pris au piège, ce sont les familles des VIP qui vont être abondamment gazés. Ceci explique que Mme Boutin ait, elle-aussi, subi l’agression des forces de l’ordre.

Pour ce point A/, nous pouvons mettre au débit de la préfecture et de l’état, l’incurie de maintenir dans un cul de sac une manifestation de cette ampleur. Certes politiquement il fallait la minimiser mais le dispositif aurait dû être dimensionné. Les ordres venus d’en haut étaient inapplicables et il est dommageable que, dans notre société soi-disant démocratique, les forces de l’ordre n’aient pas su désobéir et s’en soit pris à des manifestants en famille.

Dernier point, Manuel Valls donnait ses ordres du premier rang de la salle de spectacle du Grand Rex… Est-ce sérieux pour un ministre de l’intérieur de ne pas être à son poste durant une manifestation de cette ampleur ?

B/ Les incidents en haut de l’avenue Foch

Après les risques d’écrasement et le délestage sur la Place de l’Étoile, la police autorise l’accès à l’avenue Foch. Annoncée sur le podium, cette information n’arrive pas de suite aux équipes de sécurité sur le terrain et la foule s’engouffre dans l’avenue Malakoff pour rejoindre l’avenue Foch.

Mais l’accès de l’avenue Foch à la place de l’Étoile n’a pas été immédiatement fermé, des personnes passent alors sur cette place sans se rendre compte qu’ils rentrent dans un piège tendu par l’état. Ils en seront sévèrement punis… Heureusement que l’organisation avait prévu une montée progressive sur l’avenue, derrière un camion sono (malheureusement pas relié au dispositif général) et avec une ligne de volontaires contenant le plus gros de la foule…

Une fois le dispositif policier mis en place, les gendarmes tenant position, la foule s’approche des barrières. Aucune sono sur ce lieu pour transmettre les directives de l’organisation : la préfecture s’était moquée des organisateurs lorsqu’ils avaient demandé de prévoir cette zone en délestage en cas de forte affluence.

Les gens proches des barrières scandent des slogans extrêmement « agressifs » : « les gendarmes avec nous » et se mettent à entonner la Marseillaise. À ce moment les gendarmes ouvrent les barrières et chargent la foule, sans sommation, et gazent largement la foule pacifique et familiale. La réaction de la foule : violente et irresponsable : elle se met à scander « Hollande démission » et essaye de raisonner les CRS…

Mais le pire est probablement la présence d’une police que les CRS ont appelé « la milice de la mairie de Paris » (cf le témoignage de Maître Françoise Besson avocate au Barreau de Paris sur « Le Salon Beige ») qui semble avoir été particulièrement active. Il faudrait vérifier l’information donnée par le site Internet « Le Salon Beige » mais un policier aurait volontairement gazé un landau heureusement vide. Le père de famille a alors défendu sa famille : coup de boule au policier (sortant d’une suspension de 6 mois pour coups et blessures volontaires) : double fracture du nez, fracture de l’arcade et explosion de la pommette… déféré en comparution immédiate le père écope d’un mois avec sursis et un euro pour « outrage »… s’il était coupable d’agression ce n’est pas assez, si le policier était coupable, c’est trop… Une enquête de l’IGPN est ouverte et le policier suspendu…

Vous pouvez aussi trouver facilement le témoignage du fils de 14 ans d’un journaliste de la revue « Famille Chrétienne », certainement un dangereux extrémiste, qui raconte comment il s’est fait gazé avec du gel lacrymogène en haut de l’avenue Foch. Evacué d’urgence à l’hôpital, on espère qu’il retrouvera l’usage son œil…

Au final la situation sur l’avenue Foch est bien le résultat d’un refus de la préfecture et du ministère de l’intérieur de prévoir un dispositif suffisant avant la manifestation. Puis d’une incapacité à gérer la situation présente et une sur-réaction agressive en face d’une foule pacifique mais déterminée à être entendue… L’organisation a essayé de contenir la foule mais les volontaires de la Manif Pour Tous tentant de retenir la foule ont été également gazés…

C/ Les incidents de la soirée sur l’avenue des Champs-Élysées

Le débordement sur les Champs-Élysées n’a aucun lien avec les organisateurs de la Manif Pour Tous. Faisant partie des bénévoles « sécurité » (chef d’équipe sur la place Maillot), j’ai été astreint aux réunions de préparation et peux vous assurer que cela nous a été répété des dizaines de fois : nous restons strictement dans la légalité.

Une grande foule pacifique a pu, après la manifestation, s’engouffrer sur les Champs-Élysées qui étaient fermés à la circulation : une si belle avenue vide, c’est vraiment tentant… Si des voitures avaient circulées, les promeneurs sortant de la manifestation seraient restés sur les trottoirs…

Ce que les médias ne vous ont pas montré c’est l’importance de cette foule. On nous parle de quelques centaines… il faut être réaliste, c’était quelques milliers, voire dizaines de milliers de badauds…

La photo ci-dessous l’atteste : les Champs étaient pleins !

Ces « casseurs » étaient tellement violent que pas une vitrine, pas un panneau de signalisation n’a été brisé. Pas un policier n’a été blessé (les médias en auraient fait leurs gorges chaudes…).

Alors quid des « casseurs » ? Il semble effectivement que sur les 1 ou 2 millions de Français présents, il y ait bien eu une ou deux dizaines d’extrémistes de droite… Mais les médias peinent à nous les montrer… tout au plus ont-ils déniché un autocollant « GUD » sur un blouson…

Ces CRS, capables de tenir des heures sous les crachats et les boulons des syndicalistes, n’ont pas pu résister aux slogans d’une foule pacifique et familiale… à moins que des ordres leur aient intimé d’agir…

Des manifestants, au sol, criant « liberté d’expression » sont gazés et matraqués…

Il a fallu la présence de Mme Bourges, exclue du Collectif, pour parvenir à la dispersion de la foule.

À Tien’Anmen, les chars se sont arrêtés devant un manifestant, sur les Champs-Élysées, un fourgon de police a renversé une mère de famille… certains disent volontairement…

Tout a été fait pour faire peur aux français en vue de la prochaine manifestation… Les débordements ont-ils été voulus ? Si ce n’est pas le cas, alors c’est une incompétence grave des forces de l’ordre et de la chaine de commandement. Reste aussi à savoir à quel point les forces de l’ordre se doivent d’appliquer les ordres ? Le principe de légitime défense implique une réponse proportionnée à l’attaque… les images que nous ne verrons pas dans les médias mais qui circulent sur Internet montrent une disproportion grave.

Le témoignage d’un partisan pro-mariage Gay sur le Figaro est sans équivoque.

Quid des responsabilités : nous sommes après la manifestation, la dispersion est en cours et ce n’est plus aux organisateurs, mais aux forces de l’ordre qu’il revient de faire respecter les zones autorisées. Manifestement il y a eu défaillance… Sur les Champs, mais aussi Place Maillot où la circulation est ré-ouverte alors que des manifestants continuent de descendre de l’avenue de la Grande-Armée sur la chaussée pour rejoindre leurs cars au bois de Boulogne… (il semblerait que la situation ait été la même avenue Foch…) nous avons frôlé les accidents et c’est l’arrivée de la police de l’arrondissement qui a évité le pire en refermant l’avenue de la Grande-Armée. Discutant paisiblement avec eux, un de ces policiers nous a dit : « lorsqu’un régime en arrive à ce point, cela ne s’appelle plus la démocratie »…. Nous ne savions pas encore ce qui s’était passé, lui si…

Conclusion :

Dans les trois cas, la responsabilité des pouvoirs publics est engagée. En aucun cas celle des organisateurs.

À titre personnel, je pense que l’incident grave était recherché afin de discréditer, voire d’interdire le mouvement Manif Pour Tous, mais à chacun de se faire son idée…

Informez vous en dehors des médias officiels qui ont définitivement pris parti, (Quoique TF1 semble évoluer un peu désormais… un signe ?). Internet nous donne la possibilité de trouver des témoignages multiples malgré un moteur de recherche Google peu favorable.

Que faire désormais, baisser les bras ? Alors que la mobilisation augmente sans cesse ?

Devant les dénis de démocratie multiples, nous devons rester soudés, les tensions au sein du Collectif Manif Pour Tous et les critiques fusent mais c’est ce que recherche le pouvoir. Restons unis, sans exclusion (je regrette que Mme Bourges en ait été exclue) et continuons la lutte.

Vous aimez cet article ? Partagez-le !

A propos de l'auteur

Créé en 2001, le PCD est présent dans plus de 75 délégations à travers toute la France pour remettre l'homme au cœur des décisions politiques.