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Crèches de Noël : Xavier Lemoine était l’invité du Grand Journal.

PCD 27 novembre 2015

XL canal2
Suite au vade-mecum de l’Association des Maires de France (AMF) sur la laïcité, Xavier Lemoine, vice-président du PCD et maire UMP/PCD de Montfermeil, était l’invité du Grand Journal sur Canal Plus ce jeudi 26 novembre sur le thème « Crèches de Noël : faut-il les bannir des mairies ? » Retrouvez la vidéo de son intervention en cliquant ici.

« Je suis très déçu par ce vade-mecum, qui traduit une méconnaissance de ce qui se vit dans un certain nombre de communes et engendre un certain nombre de malentendus. L’initiative de mettre en place ce vade-mecum est légitime ; sa rédaction avait été accélérée après les attentats de janvier. En revanche, je conteste la manière dont les choses ont été faites et le résultat auquel on est parvenus.

Je suis d’accord avec certains points, notamment le fait qu’il n’y a pas besoin de menus confessionnels dans les cantines. En revanche, concernant la présence des crèches dans les mairies, je m’interroge : comment peut on faire cette recommandation d’exclure les crèches des mairies et en même temps – je ne le conteste pas, je le mets en débat – organiser le repas de l’iftar qui signifie la rupture du jeûne pendant le ramadan dans les locaux de la mairie de Paris ? Dans l’opinion publique, c’est deux poids deux mesures.

Les crèches, ça fait 2000 ans qu’on en fait. Est-on dans le cultuel ou le culturel ? En ce qui me concerne, j’estime qu’un lieu administratif doit rester relativement neutre et je n’ai pas de crèche dans l’enceinte administrative de ma mairie. En revanche, j’organise le marché de Noël dans un gymnase, et il y a une crèche de Noël.

J’ai le sentiment que c’est toujours un peu la même religion qui est visée. Reprenons la polémique autour de la statue de Jean Paul II à Ploermel. On a un géant de l’histoire. Les habitants d’une ville veulent célébrer un personnage hors du commun. Il y a bien des statues avec des gens qui appartiennent à d’autres confessions. Et on crée une polémique ! Donc c’est un peu ciblé. Si on veut revisiter la laïcité, revisitons tout, mais là c’est un peu dirigé.

Sur la question de savoir si la France a des racines chrétiennes, il faut le dire : il n’y a pas une loi en France ou une coutume qui ne puisse pas s’expliquer par la manière font le christianisme a fécondé ce pays. Dire que le christianisme a fécondé ce pays, cela signifie que nous lui devons énormément : l’égale dignité entre l’homme et la femme, qui n’est pas considérée de la même manière dans les autres religions, la liberté de conscience, la laïcité entendue comme distinction entre le temporel et le spirituel… Mais dans cette vision de la laïcité, il y a une articulation à trouver entre les deux. Le laïcisme actuel, qui est une forme d’athéisme déguisée, tente quant à lui de reléguer uniquement dans la sphère privée le fait religieux. Je peux vous dire que de nombreuses personnes de confession musulmane ont beaucoup de mal à le vivre. Ils disent : « Nous sommes un tout. Nous ne pouvons pas être religieux dans le privé et ne rien montrer dans le public. » La transcendance que porte une personne, ce n’est pas une chose que l’on peut mettre au porte manteau quand on arrive dans un endroit ou dans un autre. Que la République  régule cette expression en fonction des revendications des uns et des autres, c’est son rôle, mais on ne peut pas découper les gens en rondelles.

Nous sommes un certain nombre de maires de banlieue à alerter sur le fait qu’à force de se méfier du champ religieux et de le reléguer dans le privé, on met des populations en danger, qui ont le réflexe de se protéger. C’est une laïcité antireligieuse difficile à comprendre, qui crée des malentendus et des tensions. En ce moment, on a plutôt intérêt à trouver un lieu de discernement et de dialogue pour savoir comment la religion peut s’exprimer dans la sphère publique, et quelles expressions elle ne peut pas se permettre.

C’est la crèche qui est visée dans ce rapport. Pourquoi les crèches sont-elles visées et pas le repas de l’iftar ? Je ne demande pas qu’il le soit, mais attention, au regard des événements que nous vivons, à ne pas faire deux poids et deux mesures, et à laisser le spirituel et le temporel dialoguer. Ce que je reproche à ce rapport, c’est de reléguer dans la sphère exclusivement privée le fait religieux. On ne peut pas dire aux gens : « Parfois on vous prend dans votre totalité, et parfois on vous demande d’oublier une partie de vous mêmes. » Ce n’est pas possible. Je dis : attention. »

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A propos de l'auteur

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