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Discours de Christine BOUTIN pour l’élection du Président du Conseil Départemental des Yvelines.

PCD 3 avril 2015

ELECTION DU PRESIDENT DU CONSEIL  DEPARTEMENTAL DES YVELINES – 02/04/2015

CB discours CG

Discours de Christine BOUTIN, Ancien Ministre, Conseiller Départemental du canton de Rambouillet

« Mesdames, Messieurs, Chers Collègues,

Il y a certainement quelque chose de cocasse à ce que, ici devant vous, je préside l’ouverture de cette mandature. Il n’échappera à personne que ce qui me vaut cet honneur, c’est d’être votre doyenne d’âge. Certains ou certaines pourraient en être gênés ! Pas moi. Ce temps particulier de ma vie me donne la sérénité, le recul, le goût de la transmission, un regard souriant sur les vanités humaines et le détachement. Signe sans doute de la sagesse.

C’est donc un honneur et une responsabilité pour moi d’ouvrir cette séance d’installation de notre assemblée. Mais finalement, ce n’est pas là le plus important. Ce qui compte le plus et qui justifie ce bref message, est que je suis celle qui a la plus grande longévité dans ce mandat départemental qui nous rassemble aujourd’hui. J’ai en effet le privilège d’être celle qui connait le mieux la vie de ce département, qui connait le mieux cette institution, ses heurs et ses bonheurs, ses élans et ses errements, mais aussi ceux qui en ont été les acteurs (Paul-Louis Tenaillon, Franck Borotra qui fut un très grand Président, Pierre Bédier, moi-même en un éclair, Alain Schmitz que je salue particulièrement et Pierre Bédier). Après trente-trois années de vie départementale, il ne faut plus m’en conter.

Chers collègues, dans les urnes, nous avons gagné. Les médias, les commentateurs s’en sont fait l’écho : la victoire est totale comme l’affiche le grand Chelem. Mais si je partage avec vous tous le plaisir de respirer le vent de la victoire, la vérité nous oblige à une analyse plus en profondeur. Nous sommes tous issus du même label politique, EPY. Mais comment ne pas voir que plus de 57% des Yvelinois se sont abstenus, et que beaucoup d’entre nous ont été élus avec l’apport des voix de gauche ? Il n’est pas possible d’ignorer cette réalité.

Certes, nous avons le grand chelem, mais la confiance est très fragile.

Dans ce temps de rejet du politique, l’obligation qui nous est faite,  à nous élus de droite et du centre, est de restaurer la confiance par l’exemple d’actions irréprochables. Reconstruire la confiance,  la consolider, l’incarner même, doit être aujourd’hui  notre première préoccupation, le premier message à lancer à tous les Yvelinois.

Oui, le grand chelem nous oblige à l’excellence. Mais cela suffira t’il ? J’appelle à ce que nous ayons une plus grande ambition, celle de la liberté. Ce n’est pas si simple dans une assemblée sans opposition. La liberté est pourtant la condition essentielle pour rétablir la confiance.

Il s’agit de la liberté de chacun, celle qui implique que chacun respecte la liberté de penser, la liberté de décider, la liberté d’agir, de chaque conseiller départemental. Nous avons acté le principe d’appartenir au seul groupe « Ensemble Pour les Yvelines ». C’est bien. Mais la seule règle qui assurera le bon fonctionnement de notre assemblée, c’est cette liberté. N’oublions pas que c’est la confiance ébranlée qui a amené à des votes désespérés et même désespérants, ou le vote de tous ceux de gauche, sincèrement de gauche, qui ont dimanche dernier considéré devoir mettre un bulletin contraire à leur attachement politique, assurant ainsi notre victoire. Qu’allons-nous leur dire à ces Yvelinois si nous ne cultivons pas ce respect des uns et des autres par la liberté ?

Cette liberté devra s’incarner par le respect des sensibilités différentes, de votes pas nécessairement et automatiquement identiques, voire même de divergences fondamentales que nous aurons peut-être à traiter au cours du mandat. La pire des choses serait que l’un d’entre nous n’ose pas dire, agir, voter, ou ne pas voter, comme sa conscience le lui dicte. Nous avons entendu lors de nos campagnes électorales, l’exaspération des français aux discours convenus. Ils ont besoin d’authenticité, de vérité et de liberté. Il faut qu’ils le sentent dans nos comportements.

Il faut que dans l’assemblée chacun se sente libre de voter ou de ne pas voter. Cette liberté est la condition essentielle pour donner à nos votes, fussent-ils unanimes, un sens démocratique.

Je vous remercie. »

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Résultat du vote : Nombre de votants : 42 – Pierre Bédier : 38 – abstentions : 4

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A propos de l'auteur

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