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Rentrée PCD Ile-de-France : discours de Franck Margain

PCD 28 septembre 2015

Rentrée Politique du PCD du 26 septembre 2015

Discours de clôture de Franck MARGAIN, Vice-Président du PCD, conseiller régional Ile-de-France

Élevons-nous contre la culture du déchet

Mesdames, Messieurs,

Le pape François, dans son encyclique Laudato si a dénoncé la « culture du déchet« . Cette culture mortifère affecte nous dit-il « aussi bien les personnes exclues que les choses, vite transformées en ordures« .
A l’occasion de cette rentrée du PCD Ile-de-France, et à l’approche des élections régionales, je souhaite à mon tour vous parler de ce sujet majeur, point crucial pour comprendre le fond du malaise de notre société.

1. Les déchets qu’on ne traite pas

En Ile-de-France, nous vivons dans une des régions les plus riches du monde, là on l’on consomme plus que de raison, là où l’on a les yeux plus gros que le ventre, là où l’on gaspille un tiers des aliments qui sont produits.

Et cette consommation boulimique, nous conduit à jeter aux ordures beaucoup de biens qu’on a renouvelés. En fait, beaucoup de ce qui est produit est gaspillé, n’est pas recyclé et se transforme en pollution pour notre environnement. Et cela a des effets dévastateurs sur la santé humaine.

On le voit très bien dans notre région Ile-de-France, où le recyclage est encore trop loin du nécessaire. Des montagnes de déchets s’accumulent en Seine et Marne, dans une décharge gigantesque de 3 km2 soit l’équivalent du 5e arrondissement de Paris où 5 millions de tonnes de déchets sont enfouis chaque année.

Comme le dit le pape François, « la terre, notre maison commune, semble se transformer toujours davantage en un immense dépotoir« .

Aujourd’hui, la question du traitement des déchets est une problématique politique majeure. Dans nos villes, nos départements et nos régions. Cette question fait partie intégrante de la question de la préservation de l’environnement. La négliger serait criminel.

2. Les hommes qu’on traite comme des déchets

L’Ile-de-France, cette région de la richesse et de l’opulence indécente, est aussi un foyer d’exclusion pour des centaines de milliers de personnes. Si l’on prend simplement Paris, 14 % de la population y vit en dessous du seuil de pauvreté, c’est à dire ayant un revenu disponible de 977 euros pour une personne seule. Et plus de 20000 personnes dorment dans les rues de la capitale.

Ces exclus, sont malheureusement aussi exclus des réflexions politiques. Comme le dit le pape François, « ils sont présents dans les débats politiques et économiques internationaux, mais il semble souvent que leurs problèmes se posent comme un appendice, comme une question qui s’ajoute presque par obligation ou de manière marginale, quand on ne les considère pas comme un pur dommage collatéral. De fait, au moment de l’action concrète, ils sont relégués fréquemment à la dernière place.
[…] Mais aujourd’hui, nous ne pouvons pas nous empêcher de reconnaître qu’une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale, qui doit intégrer la justice dans les discussions sur l’environnement, pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres.« 

Nous, au PCD, nous sommes depuis longtemps engagés pour résoudre le problème des personnes qui dorment dans la rue, des sans abris, ces gens qui sont plus ou moins considérés comme des déchets par notre société. Ce problème est très difficile à résoudre car en réalité il est une partie visible mais inséparable de l’immense iceberg des problèmes de notre société. Il en est le pur produit, le concentré.

C’est pourquoi, il ne faut que cette focalisation sur l’extrême misère nous fasse oublier la pauvreté beaucoup moins visible de millions de personnes dans notre pays, notamment celle de personnes au chômage. Les 8 millions de Français qui vivent sous le seuil de pauvreté, ont certes souvent un toit pour s’abriter et peut-être même trois repas par jour. Mais dans quelles conditions habitent-ils ? Et que mangent-ils ? Nombreux sont ceux qui vivent en insécurité alimentaire. Et beaucoup ne disposent pas du confort élémentaire dans leur logement. Savons-nous combien de personnes en milieu rural ont du mal à chauffer leur domicile ? Et puis comment ne pas prendre en compte leur difficulté à se projeter dans le temps et à faire des projets ? Car c’est aussi une conséquence de la pauvreté.

Si l’on veut agir politiquement, il va falloir qu’on réfléchisse au modèle social lui-même qui engendre ces problèmes.

Élevons-nous donc contre la culture du déchet, de la surconsommation, et du gaspillage. Et travaillons pour une culture de la vie et de la fraternité.

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A propos de l'auteur

Créé en 2001, le PCD est présent dans plus de 75 délégations à travers toute la France pour remettre l'homme au cœur des décisions politiques.