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Franck Margain – « L’environnement n’est pas la propriété des Verts ! »

PCD 20 mars 2015

A l’occasion des élections départementales, retrouvez la tribune de Franck Margain, Conseiller régional Ile-de-France, Vice-président du PCD et Président de la délégation PCD de Paris, sur l’environnement et l’agriculture biologique.

« La responsabilité incombe à l’homme de préserver un environnement sain pour tous ; c’est un devoir universel. »

f._margain1a« Les élections départementales approchent. Mais tant au niveau local que national, le débat d’idée est inexistant. Il est empêché. L’espace médiatique est saturé d’informations électoralistes sans intérêt. Et la campagne se déroule au rythme d’une novlangue qui parachève de dégoûter les Français.

Le Premier ministre « a peur », il est « angoissé » face à la « montée du Front national ». Les gens au pouvoir agitent comme d’habitude des épouvantails pour cacher leur propre turpitude, et leurs échecs. Ils désignent un grand méchant loup pour détourner le regard des gens de l’essentiel. Mais il semble que cette technique marche de moins en moins. Et on en arrive aujourd’hui à un rejet particulièrement prononcé de ce système.

Nous au PCD, nous avons le devoir de nous démarquer nettement de cela. La démocratie chrétienne authentique est une alternative à ce système. Mais si nous voulons en être digne, il faut approfondir notre réflexion sur les sujets importants. Autrement, nous resterons une coquille vide et nous ne vaudrons pas mieux que ces politiciens qu’on pointe du doigt.

A Paris, on n’a pas d’élection départementale mais on a des idées. Et durant ce mois de mars, j’aimerais que nous réfléchissions sur un sujet d’importance vitale : l’environnement.

Le mouvement écologiste de gauche a accaparé depuis trop longtemps le thème de la préservation de l’environnement. Il est indéniable que ce courant politique a participé à la prise de conscience générale concernant cette question. Mais dans le même temps, il n’a cessé durant ces années de l’irriguer de considérations libertaires, à la manière dont certains polluent les nappes phréatiques avec des pesticides.

Ce courant politique s’est comporté en plus comme s’il avait inventé l’amour de la nature ; comme si, avant lui, les hommes n’étaient que des destructeurs de la nature.

A cause de ce discours, on en arrive aujourd’hui à une situation où la thématique même de la préservation de l’environnement suscite la méfiance dans des pans entiers de notre société, même parmi nos adhérents.

Alors, il est plus que temps aujourd’hui d’affirmer que l’environnement n’est pas la propriété des Verts. Et il est plus que temps, que nous, Chrétiens démocrates, nous rappelions quelques vérités oubliées concernant notre antériorité dans cet intérêt pour la préservation de l’environnement.

Déjà en 1224, dans le fameux Cantique des Créatures, saint François d’Assise louait Dieu pour la beauté de sa création, et parlait de soeur Eau, et de notre mère la Terre. Il louait Dieu pour les fruits, les fleurs et l’herbe.

On n’a pas besoin de prendre de la drogue pour trouver la nature belle !

En 1769, Pierre Poivre, un botaniste et agronome catholique, qui avait été auparavant missionnaire en Extrême-Orient, a pris une ordonnance, en tant qu’administrateur de l’Isle de France (actuelle île Maurice), obligeant les propriétaires à conserver 25 % de leurs terres boisées, pour limiter l’érosion des sols et la surexploitation des forêts.

Plus récemment, en 1990, voici ce que disait saint Jean-Paul II dans son Message pour la Journée Mondiale de la Paix : « on n’est peut-être pas encore en mesure d’évaluer les troubles provoqués dans la nature par des manipulations génétiques menées sans discernement et par le développement inconsidéré d’espèces nouvelles de plantes ». Or « pour aucune intervention dans un domaine de l’écosystème on ne peut se dispenser de prendre en considération ses conséquences dans d’autres domaines et, en général, pour le bien-être des générations à venir ».

On n’a pas besoin d’être un hippie pour considérer les OGM avec prudence !

Saint Jean-Paul II disait encore en 1991 dans l’encyclique Centesimus annus : L’homme ne doit pas « disposer arbitrairement de la terre, en la soumettant sans mesure à sa volonté, comme si elle n’avait pas une forme et une destination antérieures que Dieu lui a données, que l’homme peut développer mais qu’il ne doit pas trahir ». Quand il se comporte de la sorte, « au lieu de remplir son rôle de collaborateur de Dieu dans l’oeuvre de la création, l’homme se substitue à Dieu et, ainsi, finit par provoquer la révolte de la nature, plus tyrannisée que gouvernée par lui ».

En fait, la doctrine sociale de l’Eglise insiste sur la responsabilité qui incombe à l’homme de préserver un environnement sain pour tous. La protection de l’environnement est un devoir universel.Nous, au PCD, nous nous inspirons de toutes ces réflexions
pour en tirer des applications politiques.

D’un point de vue philosophique, on s’oppose aux écologistes libertaires (les Verts) pour qui, au fond, l’homme est un corps étranger et nuisible à la nature. On s’oppose aussi au économistes ultralibéraux pour qui le gain financier justifie le saccage de la nature.

Mais deux dangers, deux excès nous guettent :

– vouloir tellement nous distinguer des Verts, qu’on finisse par centrer le discours sur l’homme en oubliant totalement l’environnement. Certains malheureusement se sont laissés piégés… Donc, préserver l’environnement pour l’homme, avec l’homme. Oui. Mais préserver l’environnement quand même…

– nous faire piéger par l’ambiance ultralibérale et permettre que notre vision soit utilisée comme un masque sympathique pour cacher un ultralibéralisme qui ne s’assume pas. Il faudra donc faire preuve de discernement. Le véritable intérêt de l’homme est bien souvent très différent de l’intérêt financier de quelques uns…

D’un point de vue pratique, nous ne pouvons pas nous battre sur tous les terrains de la préservation de l’environnement. Nous en avons choisi un en particulier : l’agriculture. Nous souhaitons promouvoir l’agriculture biologique.

L’agriculture conventionnelle actuelle, c’est le règne du chimique et de l’éprouvette. L’agriculteur devient progressivement un presse bouton, endetté, obligé de porter une combinaison étanche pour ne pas s’empoisonner.

Nous assistons aujourd’hui à une catastrophe sanitaire : beaucoup d’agriculteurs, d’habitants des régions rurales, et de consommateurs sont malades à cause des pesticides. Dans le même temps, la pollution sous toutes ses formes abîme les sols et les eaux, et a un énorme impact sur la faune et la flore.

Peut-on se taire face à cela ? Comment peut-on léguer une terre à ce point dégradée et un environnement nocif à ses enfants ? Nous devons nous engager pour soutenir le développement de l’agriculture biologique.

Par opposition au règne du chimique, l’agriculture biologique peut être qualifiée d' »agriculture humaine », car elle rétablit l’homme dans un rapport sain avec la nature, et elle est à son service en préservant sa santé et la pérénité de son activité.

D’ailleurs, les agriculteurs ne s’y trompent pas. Beaucoup passent au biologique en ce moment. Leur nombre a quintuplé en 20 ans ! Mais ils ont besoin de notre soutien.

Le PCD est bien placé pour devenir le parti de l’agriculture biologique. Car il a toujours lutté contre une science sans conscience (par exemple pour le respect de la vie humaine contre une technique médicale sans conscience).

Le PCD ne se veut pas un parti exclusivement urbain et parisien. Beaucoup d’entre nous, même si nous habitons à Paris, sommes originaires de régions rurales. Et nous avons gardé nos racines. Nous nous sentons donc à plus d’un titre concernés par les problèmes qui touchent les agriculteurs. C’est pour leurs intérêts qu’on se bat, c’est pour leur santé et celle de leurs familles. C’est par respect pour eux, pour leur rôle dans l’humanité qu’on veut agir en promouvant l’agriculture biologique.

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A propos de l'auteur

Créé en 2001, le PCD est présent dans plus de 75 délégations à travers toute la France pour remettre l'homme au cœur des décisions politiques.