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Jean-Frédéric Poisson sur Vincent Lambert : “Emmanuel Macron se lave les mains de cette affaire”

PCD 21 mai 2019

Président du parti chrétien-démocrate, Jean-Frédéric Poisson s’élève contre l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert et s’interroge sur une le degré de barbarie d’une civilisation incapable de protéger les plus vulnérables.

Quelle est cette époque qui s’arroge le droit de vie et de mort sur ses semblables ? Vincent Lambert n’est pas en fin de vie et son cas ne relève pas de l’acharnement thérapeutique. Il n’est pas artificiellement maintenu en vie, il a juste besoin d’être nourri et hydraté à l’aide d’une perfusion, comme beaucoup de gens aujourd’hui.

Quelle civilisation peut se permettre d’affamer et de déshydrater un patient dans l’incapacité de se défendre ?

Lui supprimer toute alimentation et toute hydratation, comme c’est le cas depuis ce matin, c’est le condamner lentement mais sûrement à une mort certaine. Quelle civilisation peut se permettre d’affamer et de déshydrater un patient dans l’incapacité de se défendre puisque son état pauci-relationnel le lui interdit ?

Personne ne sait ce que pense ou ressent Vincent Lambert. Les médias en parlent comme s’il s’agissait d’une personne qui avait déjà cessé de vivre. Or, il n’en est rien. La vidéo postée aujourd’hui par ses parents montre bien que Vincent Lambert exprime des sentiments et est capable de cligner des yeux et de pleurer. Comment en est-on arrivé à un tel degré d’inhumanité ?

On parle beaucoup de dignité, mais il est indécent et criminel de faire dépendre la dignité d’une personne de sa capacité à être autonome ou à s’exprimer. 1500 patients sont en état pauci-relationnel en France. Quel sort les attend si l’on tue Vincent Lambert ?

Les médias parlent [de Vincent Lambert] comme s’il s’agissait d’une personne qui avait déjà cessé de vivre. Or, il n’en est rien.

J’ai pris connaissance de la réaction du président de la République, qui se lave les mains de cette affaire. Il estime qu’il n’est pas de son ressort d’intervenir dans une décision prise par le corps médical qui peut « suspendre les soins en cas d’obstination déraisonnable ». Mais est-il déraisonnable de vouloir continuer à faire vivre Vincent Lambert ? Qui peut juger de cela ?

Le président de la République conclut son texte en se référant aux « principes fondamentaux qui tiennent la Nation et prévalent sur toute autre considération : le combat pour la vie, le respect de la mort, la protection de chacun », mais il a visiblement décider d’ignorer la réalité des principes qu’il invoque. C’est peut-être le sens de son « en même temps » !

Il est temps de se ressaisir, une civilisation comme la France ne peut accepter que l’on traite comme cela l’un des siens. Il en va de notre humanité !

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A propos de l'auteur

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