PCD | Parti Chrétien-Démocrate

Réponse aux polémiques autour de l’ouvrage « Les Insolences de Christine Boutin ».

PCD 2 mars 2016

livre CBChristine Boutin a publié le 25 février dernier le livre Les Insolences de Christine Boutin, recueil de caricatures d’elle-même parues dans la presse. La sortie de cet ouvrage a soulevé certaines polémiques, plusieurs caricaturistes déclarant ne pas avoir compris que le livre était signé de Christine Boutin et ne pas avoir été payés pour leurs dessins. Retrouvez ci-dessous la demande de droit de réponse de l’éditeur de l’ouvrage, Jacques-Marie Laffont.

 

 

 

 

 

DEMANDE DE DROIT DE REPONSE

Je suis l’éditeur de l’ouvrage de Christine Boutin, c’est moi qui
lui ai proposé d’ouvrir cette collection consacrée aux hommes
et femmes politiques qui consiste à mettre en lien les
caricatures les plus drôles et les plus violentes au regard de
leurs propos.

J’ai été, je dois le dire, étonné ayant comme tout un chacun
mes présupposés et préjugés, que Madame Boutin accepte
d’ouvrir le ban. Et je l’en remercie.

L’idée de la collection, car c’est d’une collection dont il s’agit,
est à la fois de faire rire et de donner avec un ton nouveau une
sorte de « droit de réponse » aux personnes caricaturées . Une
réponse amusante et étayée à la fois au regard de la vision
lapidaire et instantanée d’un « coup de crayon » qui croque au
vitriol un instant.

Nous avions donc dans un premier temps – avant même de
proposer cet ouvrage à Christine Boutin, au sein de la maison
d’édition repéré les personnalités les plus caricaturées en
politique, afin de constituer cette collection d’insolences.
Madame Boutin étant parmi les plus caricaturées nous l’avons
approchée, à vrai dire avec un peu d’ironie et sans trop
d’espoir.

Elle a courageusement acceptée de se prêter au jeu et je l’en
remercie.

Cette collection m’est apparue de plus en plus intéressante à
développer, au fur et à mesure que nous découvrions ces
caricatures, car elle pouvait à la fois faire rire et constituait de
fait une sorte de droit de réponse. Si ces caricatures sont
toujours drôles, c’est vrai, elles peuvent s’avérer réductrices ô
combien d’une pensée et/ou d’un être.
L’autodérision remet un peu les pendules à l’heure et autorise
une explication.
Ces dessins peuvent aussi s’avérer très violents et en les
découvrant pour certains, j’ai admiré Madame Boutin de se
prêter au jeu que je lui proposais.

Donner la possibilité de mettre en regard d’une caricature la
vraie pensée, dans toute sa subtilité, de la personne visée, me
paraît relever de l’ordre de ce métier que j’exerce depuis
quarante ans et qui consiste à permettre grâce au livre
d’éclairer un propos, de transmettre des idées, de raconter les
choses de la vie sous leurs différentes nuances.

L’approche des caricaturistes a été de leur dire que nous
voulions faire des livres sur les personnalités politiques en
général (dans le cadre de notre collection) et sur Madame
Boutin et ses propos en particulier dans un premier temps.
J’étais persuadé que ces caricaturistes dont les dessins sont
parfois très virulents n’étaient pas mécontents que Madame
Boutin puisse y répondre et qu’un éditeur ouvre une tribune
qui permette de préciser sa pensée à une personnalité aussi
décriée. Qui plus est cela remettait en lumière des dessins en
but à une certaine obsolescence politique, je pensais
réellement que chacun y « trouvait son compte »*.

Madame Boutin a en effet précisé ses propos, elle a expliqué à
quel point justement, elle était loin des attitudes, pensées et
paroles que lui prêtaient ces caricatures. Je dois dire qu’elle
m’a épaté car elle a passé l’été à écrire ses textes afin justement
et encore une fois d’éclairer ceux qui le voulaient bien sur la
teneur précise de ses convictions dont j’ai au passage pu
découvrir les nuances et les ancrages humanistes dans
beaucoup de leurs aspects.

Si elle a remercié les caricaturistes qui avaient « accepté » de
participer à cet ouvrage, c’est en toute bonne foi car nous
l’avions tenu au courant que certains n’avaient pas répondu ou
accepté de participer à l’aventure.

Toujours naïvement peut-être nous pensions de notre côté que
tout le monde avait bien compris la teneur de ce livre et qu’un
bon de commande et une facture ayant pour intitulé :  » les
insolences de Christine Boutin » étaient assez explicites pour
ce faire et valoir acceptation.

Il est vraiment courageux de descendre comme Madame
Boutin l’a fait une fois de plus avec cet ouvrage dans l’arène
afin de défendre ses idées, et tenter de préciser une vision du
monde nuancée qui ne plonge dans aucune des racines d’une
pensée étroite. Madame Boutin a toujours défendu les valeurs
de la démocratie avec une rare constance et j’ai été surpris en
m’intéressant aux propos qui lui sont reprochés de manière
générale, de voir à quel point ils sont souvent extraits de leur
contexte et « caricaturés » même si je ne partage pas certaines
de ses convictions.

Pourquoi cette « bronca » autour de cette dame et de son
ouvrage? Je n’imagine pas un seul instant quant à moi qu’elle
relève d’un quelconque lobbying, ce qui serait également
caricatural…

Mais que nous soyons désormais enfermés dans une pensée
chagrine qui utilise les média pour régler ses comptes comme
ses factures au lieu de venir s’expliquer avec l’éditeur me
paraît assez grave. Un des caricaturistes a eu cette démarche et
c’est tout à son honneur, j’attends les autres pour que nous
nous expliquions et je leur demande, de grâce, de laisser

Madame Boutin, en dehors de cette histoire car ce livre relève
d’une collection imaginée par un éditeur qui n’a en aucun cas
pour vocation d’entretenir la moindre cabale autour d’une
personne qui conserve assez d’humour pour rire avec eux de
ce qui quant à moi me fait un peu grincer des dents.
Jacques-Marie Laffont

* Je m’excuse en revanche auprès des illustrateurs qui auraient en effet du être réglés avant la publication de l’ouvrage. Tandis
que j’écris ces mots, la comptabilité du groupe m’assure que c’est fait.

Vous aimez cet article ? Partagez-le !

A propos de l'auteur

Créé en 2001, le PCD est présent dans plus de 75 délégations à travers toute la France pour remettre l'homme au cœur des décisions politiques.