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Travail du dimanche et dialogue social : Matthieu Colombani était sur Sud radio

PCD 17 décembre 2015

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Notre Délégué général Matthieu Colombani était l’invité du Grand Référendum sur Sud Radio le jeudi 17 décembre 2015 sur le thème « Travail le dimanche : le dialogue social est-il paralysé ? » Retrouvez ci-dessous le verbatim des interventions de Matthieu Colombani et écoutez le podcast de l’émission en cliquant ici. 

« Je voudrais tout d’abord revenir sur le cas de Jean-Claude Bourrelier, PDG de Bricorama, qui avait été l’un des fers de lance lors de la loi Mallié de 2009 de l’ouverture des commerces du dimanche. Il a admis s’être trompé en septembre 2014 et a fait ce constat : il n’y a aucune augmentation du chiffre d’affaires avec l’ouverture du dimanche, en revanche des coûts plus importants en raison des compensations économiques à accorder aux collaborateurs.Avec la libéralisation du travail du dimanche, on a complexifié les choses. Les juristes, les chefs d’entreprise ne s’y retrouvent plus. La loi Mallié avait eu un mérité celui de remettre le repos dominical dans l’intérêt du salarié. C’est un amendement qu’avait défendu Jean-Frédéric Poisson.  Ainsi, le temps de repos collectif était placé au regard de l’intérêt du salarié.

Je tiens également à souligner que je ne suis pas d’accord avec l’idée que le travail dominical rentre désormais dans les mœurs. En effet, beaucoup de Français sont d’accord pour que les autres travaillent le dimanche, mais ne le veulent pas pour eux mêmes. Il y a là une certaine hypocrisie.

Il y a une fracture idéologique, une ligne de partage politique très claire dans notre pays, entre ceux qui considèrent que la consommation et le pouvoir d’achat sont l’alpha et l’oméga de la vie collective et de l’autre côté ceux qui considèrent que l’épanouissement individuel et collectif passe aussi par des temps de repos communs et gratuits.

Par ailleurs, je m’oppose à la généralisation du travail le dimanche car cela impactera nécessairement le tissu associatif et culturel. Secteur qu’il convient de défendre afin d’assurer une certaine gratuité dans notre société.Une autre question importante est celle du volontariat. Le volontariat n’existe pas dans le contrat de travail et heureusement, car c’est au chef d’entreprise de décider. Ceci est bien normal. Donc le volontariat n’existe pas pour le travail du dimanche. Il y a une pression du chef d’entreprise ou une pression sociale pour travailler le dimanche. Ceux qui travaillent le dimanche sont souvent les étudiants ou les femmes isolées. Ce sont des personnes en recherche de moyens financiers. Cela pose donc  la question de la rémunération dans notre pays. Au PCD, nous préférons alléger les charges sociales et redistribuer cette richesse aux collaborateurs plutôt que de désagréger la société en généralisant le  travail le dimanche. Deuxièmement, au lendemain de la COP21, nous continuons à avoir ce débat de l’ouverture du dimanche. Or l’Ademe (agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) a démontré que l’ouverture du dimanche augmentait de 30% la consommation d’énergie et de 70% la consommation de CO2. Pour aller dans les grands magasins en vivant en banlieue, il faut prendre sa voiture, ce qui n’est pas le cas quand on va chez le commerçant local ou au marché. 

Certains entrepreneurs ou petits commerçants sont obligés de travailler le dimanche parce qu’ils sont submergés de charges. Si on redonne un peu de souffle à notre économie et qu’on laisse les entrepreneurs de ce pays travailler librement, ils ne feront pas le choix de travailler le dimanche. Nathalie Kosciusko-Morizet parlait de 10000 emplois créés avec l’ouverture dominicale lors de la campagne primaire de la droite à Paris, aujourd’hui on parle de 2500 emplois. Les ambitions ont déjà été revues à la baisse en un peu plus d’an !

Faisons des études d’impact en termes social, en termes de coût, en termes de conséquences pour les petits commerçants locaux, en terme environnemental, et regardons. On lance des débats parce qu’il y a telle ou telle élection à la clé, tel marché à signer. Et c’est la liberté des collaborateurs des grands groupes et des commerçants qui est mise à mal, et c’est la société dans son ensemble qui est impactée. »

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A propos de l'auteur

Créé en 2001, le PCD est présent dans plus de 75 délégations à travers toute la France pour remettre l'homme au cœur des décisions politiques.